Home SantéNouveaux mécanismes moléculaires liés à la résistance à l’insuline

Nouveaux mécanismes moléculaires liés à la résistance à l’insuline

by Sophie Martin

De nouvelles recherches menées par des scientifiques de l’Université de Barcelone (UB) et de Sant Joan de Déu ouvrent des perspectives prometteuses dans la lutte contre le diabète de type 2. L’étude révèle des mécanismes moléculaires inédits impliqués dans la résistance à l’insuline, offrant ainsi de nouvelles cibles potentielles pour le développement de traitements.

La résistance à l’insuline, qui précède et favorise l’apparition du diabète sucré de type 2 (DM2), se caractérise par l’incapacité de l’insuline à faciliter l’absorption du glucose par les tissus et les organes, entraînant une hyperglycémie chronique. Le muscle squelettique, principal tissu consommateur de glucose en réponse à l’insuline, est particulièrement touché par ce phénomène.

L’étude, publiée dans la revue Communication cellulaire et signalisation, s’est concentrée sur le rôle du récepteur de l’insuline. Les chercheurs ont découvert que la suppression du gène PPARβ/δ chez la souris réduisait les niveaux de la sous-unité β du récepteur de l’insuline (InsRβ) dans le muscle squelettique. À l’inverse, l’administration de GW501516, un agoniste de PPARβ/δ, augmentait ces niveaux.

« La voie de signalisation de l’insuline est initiée lorsque l’insuline se lie à un récepteur sur les cellules des tissus sensibles à l’insuline. Ce récepteur est composé de la sous-unité α du récepteur de l’insuline (InsRα) et de la sous-unité β (InsRβ) », explique le professeur Manuel Vázquez-Carrera, de la Faculté de pharmacie et des sciences alimentaires de l’UB, et directeur de l’étude. « La liaison de l’insuline à InsRα déréprime l’activité tyrosine kinase de la sous-unité β (InsRβ), ce qui initie une cascade métabolique permettant au glucose de pénétrer dans les cellules. »

Les résultats suggèrent que l’activation de PPARβ/δ pourrait atténuer le stress du réticulum endoplasmique, un processus impliqué dans le développement de la résistance à l’insuline et du DM2. L’agoniste PPARβ/δ a également diminué l’activité lysosomale, responsable de la dégradation de la protéine InsRβ.

Par ailleurs, l’étude a révélé une augmentation des niveaux de la protéine EphB4 – un facteur favorisant la dégradation de InsRβ – dans le muscle squelettique de souris déficientes en PPARβ/δ. Cet effet était inversé par l’administration de l’agoniste PPARβ/δ.

« La recherche décrit de nouvelles actions de ce récepteur nucléaire qui pourraient aider à expliquer ses effets bénéfiques sur la résistance à l’insuline et sur le DM2 », conclut Manuel Vázquez-Carrera. Ces découvertes ouvrent la voie à de nouvelles stratégies thérapeutiques ciblant PPARβ/δ pour améliorer la sensibilité à l’insuline et prévenir ou traiter le diabète de type 2.

Le diabète mal contrôlé représente un enjeu majeur de santé publique, pouvant entraîner des dommages aux vaisseaux sanguins, au cœur, aux yeux et aux reins.

You may also like

Leave a Comment