La prudence persistante de la Réserve fédérale américaine continue d’influencer les marchés, tandis que les obligations du Trésor américain affichent une résistance inattendue, profitant des vents contraires pour soutenir une hausse des rendements.
Mercredi 5 novembre, la publication des remboursements trimestriels aux États-Unis n’a pas réservé de surprises, maintenant le rythme d’émission observé ces derniers trimestres. Cette tendance devrait se poursuivre, les obligations continuant de jouer un rôle central dans le financement de la dette américaine, qui représente déjà environ 20 % du total, contre un objectif de 15 %.
L’évolution récente des rendements est également influencée par les données économiques. L’indice de la moyenne mobile sur quatre semaines, publié également mercredi, s’est avéré plus élevé que prévu, atteignant 42 000. Bien que ce chiffre reste inférieur à la moyenne historique d’environ 160 000, il suggère une résilience du marché du travail, malgré les facteurs de modération tels que les restrictions en matière de visas. Ce résultat, supérieur aux prévisions du marché d’environ 12 000, a contribué à la remontée des rendements du Trésor, effaçant les baisses observées après les élections locales.
La pression globale sur les rendements reste à la hausse, une tendance amorcée depuis que le président de la Fed, Jerome Powell, a indiqué que le Comité fédéral de l’open market (FOMC) ne considérait pas une baisse des taux comme acquise. Cette situation s’explique en partie par l’incertitude entourant une éventuelle fermeture du gouvernement, mais aussi par des inquiétudes inflationnistes persistantes et une certaine propension au risque qui pourraient nécessiter un resserrement monétaire.
Les données économiques d’octobre confirment cette tendance, affichant une solidité globale. Seul le secteur du logement a montré des signes de faiblesse, un élément jugé acceptable par les marchés financiers, qui se sont remis des inquiétudes de début de semaine. Dans ce contexte, les rendements du Trésor ont atteint la zone de 4,15 %, éloignant le scénario d’une baisse en dessous de 4 %.
Les experts estiment qu’une surprise significative de la part des banques centrales serait nécessaire pour inverser cette tendance et faire baisser les rendements des obligations d’État à 10 ans.
Concernant la Banque d’Angleterre (BoE), une baisse des taux d’intérêt lors de la prochaine réunion est jugée peu probable, mais une réduction en décembre apparaît désormais comme une possibilité sérieuse. Les marchés restent divisés sur les prochaines mesures de la BoE, avec une probabilité de baisse de 25 % actuellement. L’incertitude est liée au prochain budget gouvernemental, qui sera présenté le 26 novembre. Des réductions de dépenses importantes ou des hausses d’impôts pourraient peser sur les taux à court terme, tandis qu’une augmentation de la TVA pourrait relancer les inquiétudes inflationnistes.
La marge de manœuvre pour une baisse des rendements est donc limitée, d’autant plus que la prime de risque a déjà considérablement diminué au cours du mois dernier, passant d’environ 25 points de base (pb) début octobre à environ 5 pb. Cela suggère que les craintes liées au budget se sont atténuées et que la discipline budgétaire est désormais privilégiée. Avec un assouplissement de la position des marchés à l’égard de la BoE, les rendements des obligations d’État à 10 ans devraient avoir peu de marge de baisse.
Jeudi, l’attention se portera sur la réunion de la Banque d’Angleterre, où une baisse des taux reste possible. Sur le plan économique, les chiffres de la production industrielle en Allemagne et en Espagne seront publiés, ainsi que les données de l’inflation dans la zone euro pour septembre, qui devraient afficher une légère baisse à 0,9 % en glissement annuel (contre 1,0 % précédemment). En raison de la fermeture du gouvernement américain, les données sur la productivité et les créations d’emplois ne seront pas disponibles, mais d’autres indicateurs seront scrutés pour évaluer le marché du travail.
Plusieurs responsables de banques centrales prendront également la parole. De la Banque centrale européenne (BCE), Isabel Schnabel ouvrira les débats en abordant les marchés monétaires, tandis que Luis de Guindos, François Villeroy de Galhau et Philip Lane interviendront également. Du côté de la Fed, John Williams, Michael Barr et Christopher Waller sont également attendus.
Enfin, l’Espagne lancera une émission d’obligations, ainsi que des *bonos* et un *bono* à 11 ans, pour un total de 5,75 milliards d’euros. La France mettra aux enchères des obligations à 17 ans, ainsi qu’une obligation verte à 24 ans, pour un montant total de 11 milliards d’euros.
