Publié le 25 novembre 2025 22:50:00. Le président colombien Gustavo Petro a vivement critiqué l’issue de la COP30, dénonçant un manque de courage face à la crise climatique et pointant du doigt le retour potentiel de Donald Trump à la Maison Blanche comme un obstacle à une transition énergétique ambitieuse.
- Gustavo Petro a critiqué ouvertement Donald Trump et son approche de la crise climatique.
- La Colombie s’est opposée à la déclaration finale de la COP30, estimant qu’elle ne reconnaissait pas suffisamment le rôle des combustibles fossiles.
- Le président colombien avertit que l’humanité pourrait être contrainte de se soulever contre les industries fossiles.
À l’issue de la COP30 à Belém, au Brésil, le président colombien Gustavo Petro a exprimé sa profonde déception face aux conclusions de la conférence. Dans une série de messages publiés sur son compte X (anciennement Twitter), il a dénoncé un manque de volonté politique pour aborder frontalement la crise climatique et a critiqué l’influence grandissante des intérêts liés aux énergies fossiles.
Le chef d’État colombien a notamment ciblé Donald Trump, dont un éventuel retour à la présidence américaine pourrait, selon lui, compromettre les efforts internationaux de lutte contre le réchauffement climatique. Petro a estimé que l’élection de Trump et sa position jugée « irrationnelle » sur la crise climatique rendent improbable la mise en œuvre d’un « capitalisme vert » efficace.
« Je sais qu’ils nous ont laissés tranquilles », a-t-il écrit, déplorant que l’Union européenne et l’Union africaine se soient distancées de l’appel à inclure une référence explicite aux combustibles fossiles comme principale cause du réchauffement climatique.
Gustavo Petro, président de la Colombie
La Colombie a fait figure d’exception en refusant de soutenir la déclaration finale de la COP30, estimant qu’elle ne reconnaissait pas suffisamment le rôle central des combustibles fossiles dans la crise climatique. Selon le gouvernement colombien, le texte final ne contenait aucune feuille de route claire pour abandonner le pétrole, le gaz et le charbon, en raison de la pression exercée par les pays fortement dépendants de ces ressources.
Petro a également souligné le danger que représente, selon lui, la poursuite de l’exploitation des énergies fossiles. Il a averti que l’humanité pourrait être « contrainte de se soulever contre le capital fossile » si les gouvernements ne prennent pas des mesures plus audacieuses pour accélérer la transition énergétique.
« Le pétrole n’attire que les guerres »
Gustavo Petro, président de la Colombie
Par ailleurs, le président colombien a réagi à des déclarations de Donald Trump sur la politique étrangère américaine, dans lesquelles ce dernier semble suggérer que son pays utilise la force pour instaurer la paix. Petro a répondu que cette approche ne conduit qu’à des « petites paix qui se transforment plus tard en guerre », et a insisté sur la nécessité de privilégier le dialogue et la négociation pour parvenir à des accords durables. Voir son tweet à ce sujet.
La position ferme de la Colombie intervient dans un contexte de vives tensions qui ont marqué la clôture de la COP30. Outre la Colombie, l’Argentine, l’Équateur, le Panama, l’Uruguay et le Paraguay se sont également opposés à la procédure d’approbation de la déclaration finale, entraînant une suspension temporaire des travaux.
Un groupe de 24 pays, dont la Colombie, avait auparavant plaidé pour une proposition visant à abandonner progressivement les combustibles fossiles de manière juste et équitable, mais cette proposition n’a pas été retenue dans le texte final.
