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Plan Trump Gaza: Netanyahu le fait-il simplement enfiler?

by Nicolas Lefèvre

Donald Trump a présenté lundi un plan de paix en 20 points pour Gaza, qualifiant cette initiative d’« un des grands jours de la civilisation » et suggérant qu’une « paix éternelle » pourrait être à portée de main après des millénaires de conflit. Si l’optimisme affiché contraste avec les réserves exprimées par d’autres après des tentatives similaires, le plan soulève des questions sur sa faisabilité face aux profondes divergences entre Israël et le Hamas.

Le plan prévoit notamment la libération de tous les otages israéliens détenus par le Hamas, en échange de la libération de milliers de prisonniers palestiniens. Les forces israéliennes se retireraient progressivement vers le périmètre de sécurité autour de la bande de Gaza, et l’aide humanitaire reprendrait aux niveaux observés lors du dernier cessez-le-feu temporaire en janvier. Le Hamas serait contraint de désarmer et de renoncer à tout rôle dans la gouvernance de Gaza.

Outre ces éléments déjà présents dans des propositions de cessez-le-feu antérieures, le plan inclut des nouveautés. Il envisage l’arrivée de l’Autorité palestinienne, qui gouverne actuellement la Cisjordanie, à Gaza, mais uniquement après des réformes substantielles, une approche similaire à une proposition saoudienne-française avancée à l’ONU début mai. Un gouvernement temporaire de Gaza serait composé de Palestiniens et d’experts internationaux, sous la supervision d’un « conseil de paix » présidé par Donald Trump lui-même, avec la participation de l’ancien Premier ministre britannique Tony Blair.

Le plan affirme également qu’« aucune personne ne sera obligée de quitter Gaza », une disposition notable compte tenu des projets de développement économique évoqués par Trump pour la région. Il prévoit également une amnistie pour les membres du Hamas qui renonceraient à la violence et à l’armement, leur permettant de quitter Gaza, une mesure qui soulève la question de l’accueil que leur réserveraient d’autres pays.

Cependant, les obstacles majeurs à la paix demeurent. Le Hamas refuse de démanteler ses forces ou d’abandonner les otages, qu’il considère comme un levier essentiel. Israël, de son côté, n’accepte pas un retrait complet de ses troupes et n’a pas de plan clair pour la future gouvernance de Gaza. Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a d’ailleurs souligné lundi qu’Israël maintiendrait une présence militaire à Gaza « dans un avenir prévisible », décrivant le retrait envisagé comme « modeste ».

Netanyahu a apporté son soutien au plan, affirmant qu’il « atteint nos objectifs de guerre », quelques jours seulement après avoir déclaré à l’Assemblée générale de l’ONU qu’il était déterminé à « terminer le travail » et à éliminer complètement le Hamas. Cette volte-face, ainsi que les frictions récentes entre Netanyahu et Trump, notamment concernant une frappe aérienne israélienne au Qatar, soulignent la complexité de la situation.

« Le plus grand danger est qu’Israël et le Hamas disent “oui” en principe, mais insistent ensuite pour négocier chaque détail, entraînant les choses pendant des mois pendant que la guerre continue », a déclaré Ilan Goldenberg, ancien conseiller de l’administration américaine pour le Moyen-Orient.

Aaron David Miller, qui a conseillé plusieurs administrations présidentielles sur les négociations de paix au Moyen-Orient, estime que Netanyahu pourrait compter sur le Hamas pour rejeter l’accord, ce qui permettrait à Trump de réaffirmer son soutien total à Israël pour « terminer le travail ».

L’issue de ce plan reste incertaine. Le Hamas, bien qu’affaibli par deux ans de guerre, demeure la puissance politique et militaire dominante à Gaza et a démontré, par une embuscade survenue lundi à Gaza City, sa capacité à infliger des pertes aux forces israéliennes. La question de savoir si le groupe acceptera un accord qui impliquerait sa disparition effective reste ouverte.

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