Publié le 25 octobre 2025 20:36:00. Plus de 12 000 personnes ont signé une pétition demandant à l’université Radboud de Nimègue de prendre des mesures contre un de ses professeurs, Harry Pettit, accusé de propos controversés sur le conflit israélo-palestinien. L’affaire a pris une tournure politique avec l’intervention du ministre de l’Éducation, qui souhaite que l’université poursuive l’enseignant en justice.
- Une pétition rassemblant plus de 12 000 signatures dénonce les déclarations du professeur Harry Pettit.
- Le ministre de l’Éducation, Gouke Moes, a appelé l’université à engager des poursuites judiciaires contre l’enseignant.
- Le professeur Pettit a lui-même déposé une plainte contre le ministre Moes, dénonçant une « répression politique ».
La polémique autour des déclarations du professeur Harry Pettit, de l’université Radboud de Nimègue, s’intensifie. L’enseignant est accusé de « glorifier la violence, les discours de haine et l’incitation à la haine », selon les termes de la pétition qui a recueilli plus de 12 000 signatures en quelques jours. Les signataires craignent que ses propos ne suscitent « des sentiments de peur et d’insécurité ».
Au cœur de la controverse, des publications du professeur Pettit sur le réseau social X (anciennement Twitter). L’agence de presse ANP rapporte qu’il a notamment écrit qu’il était temps de « terminer ce que les Palestiniens ont commencé le 7 octobre » et qualifié l’attaque du Hamas du 7 octobre, à grande échelle, d’« acte légal de résistance ».
Les auteurs de la pétition demandent au conseil d’administration de l’université Radboud de « prendre publiquement ses distances avec les propos mentionnés » et de dénoncer l’enseignant, estimant que ses déclarations pourraient être passibles de poursuites pénales. Ils réclament également une suspension temporaire de ses fonctions.
Intervention du ministre de l’Éducation
L’affaire a pris une dimension politique avec l’intervention du ministre sortant de l’Éducation, Gouke Moes (BBB). Lors de son passage dans l’émission de télévision Café Kockelmann, il a déclaré souhaiter que l’université Radboud engage des poursuites judiciaires contre le professeur Pettit. Il a même menacé de « monter sur l’échelle d’escalade » si l’université ne le faisait pas, sans toutefois préciser la nature de cette escalade.
En réponse, le professeur Pettit a annoncé avoir déposé une plainte contre le ministre Moes lui-même, via son compte X. Il dénonce une « répression politique au service du sionisme » et refuse, selon ses dires, d’y céder.
L’avocat du professeur Pettit estime que l’intervention du ministre porte atteinte à la liberté académique. Il accuse Gouke Moes d’exercer des pressions « non autorisées » et « criminelles » sur le conseil d’administration de l’université afin de « faire taire » son client, comme le rapporte le quotidien NRC.
L’université Radboud a reçu deux lettres de soutien et de contestation ces dernières semaines. Plusieurs centaines d’enseignants et d’employés d’autres universités ont exprimé leur soutien au professeur Pettit, tandis qu’une autre lettre, signée par des opposants, reprenait les arguments de la pétition.
L’université Radboud a précédemment déclaré qu’elle prenait ses distances avec les appels à la violence, tout en soulignant l’importance d’un « dialogue critique ». Elle n’a pas souhaité commenter les cas individuels auprès de l’agence de presse ANP.
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