Plus de 41 000 grossesses chez des adolescentes ont été recensées dans les établissements de santé publics malaisiens entre 2020 et 2024, révélant un problème persistant qui nécessite une approche globale, selon la ministre de la Femme, de la Famille et du Développement communautaire.
Datuk Seri Nancy Shukri a précisé que ce chiffre englobe à la fois les adolescentes mariées et celles qui ne le sont pas. Sur ces 41 542 cas, environ la moitié concernent des jeunes femmes d’origine malaise, suivies par les Iban (11 %), les Orang Asli de la péninsule (9 %), les Chinoises (5 %) et les Indiennes (3 %), le reste étant réparti entre diverses autres ethnies. Ces données ont été présentées au Dewan Rakyat le jeudi 20 novembre, en réponse à une question de Mohd Misbahul Munir Masduki (PN-Parit Buntar) concernant les grossesses hors mariage chez les adolescentes et les mesures prises pour y remédier.
La ministre a souligné que 16 951 de ces grossesses concernaient des adolescentes célibataires, mais que le ministère de la Santé ne disposait pas de données plus précises concernant la répartition ethnique au sein de cette catégorie spécifique.
« La lutte contre les grossesses chez les adolescentes exige une mobilisation de l’ensemble de la société », a déclaré Nancy Shukri. « Il est essentiel que tous les acteurs s’impliquent pour assurer un avenir plus sain à la prochaine génération. »
À ce stade, le ministère de la Femme, de la Famille et du Développement communautaire s’apprête à lancer la politique nationale de la famille et le plan d’action national pour la famille. Ces initiatives visent à renforcer les institutions familiales et à améliorer la stabilité sociale, notamment en mettant l’accent sur la planification familiale et en renforçant le rôle des parents et des jeunes.
Plusieurs programmes sont déjà en cours, notamment des actions d’éducation en matière de santé reproductive, des services de conseil et un soutien communautaire. Parmi ceux-ci, la politique et le plan d’action d’éducation à la santé reproductive et sociale (Pekerti) jouent un rôle clé en sensibilisant les jeunes et en promouvant des comportements responsables et résilients. Pekerti intègre des compétences en matière de santé reproductive dans les programmes scolaires formels et informels.
Ces efforts sont coordonnés au niveau national par le biais du Conseil social national, avec des mesures telles que l’intégration des programmes Pekerti dans l’enseignement supérieur, l’extension de Pekerti au niveau communautaire et une sensibilisation accrue à la santé reproductive et sociale.
Le Conseil national de développement de la population et de la famille (LPPKN) propose également des services de soutien, notamment à travers les centres KafeTEEN, les unités mobiles KafeTEEN et des programmes scolaires. « KafeTEEN offre des conseils et une éducation pour aider à former des adolescents positifs sur les plans physique, mental et social », a précisé la ministre, ajoutant que l’initiative est actuellement déployée dans 18 centres fixes, un camion mobile et à travers des activités de sensibilisation communautaire proposant des cliniques de santé reproductive et des conseils psychosociaux.
La formation d’éducateurs pairs, assurée par Kelab KafeTEEN, a également été étendue à 143 écoles secondaires en collaboration avec le ministère de l’Éducation.
À ne pas manquer
