Home SantéPour la science, garder l’hypertension sous contrôle pourrait réduire la démence, même avec des gènes à risque

Pour la science, garder l’hypertension sous contrôle pourrait réduire la démence, même avec des gènes à risque

by Sophie Martin

Publié le 30 décembre 2025 16:50:00. Contrôler sa tension artérielle pourrait être un allié inattendu dans la lutte contre la démence, même chez les personnes prédisposées génétiquement à la maladie d’Alzheimer, selon une récente étude de l’Université Yale.

  • La santé vasculaire, et notamment la maîtrise de l’hypertension, joue un rôle crucial dans la prévention du déclin cognitif.
  • L’étude démontre que les effets de la génétique et des lésions vasculaires sur le risque de démence sont indépendants et additifs.
  • Un diagnostic précoce des lésions cérébrales liées à l’hypertension, grâce à l’IRM, offre une fenêtre d’opportunité pour une intervention préventive.

La démence, et en particulier la maladie d’Alzheimer, représente un défi majeur de santé publique. Si la prédisposition génétique, notamment la présence de la variante ε4 du gène APOE, est un facteur de risque connu, les chercheurs de l’École de Médecine de Yale ont mis en évidence l’importance des lésions vasculaires cérébrales dans le développement des troubles cognitifs.

L’équipe de recherche a étudié l’interaction entre ces deux facteurs : la vulnérabilité génétique et les dommages causés aux vaisseaux sanguins cérébraux. Leur analyse s’est concentrée sur la présence de la variante ε4 du gène APOE et sur les hyperintensités de la substance blanche (HSB), des lésions visibles à l’IRM et souvent associées à une hypertension artérielle prolongée et à des dommages progressifs des petits vaisseaux sanguins du cerveau. Les HSB sont considérées comme un indicateur de vulnérabilité à la démence, car elles augmentent le risque de déclin cognitif.

Selon l’étude, publiée dans la revue Annals of Neurology, le risque de démence n’augmente pas de manière multiplicative lorsque les deux facteurs sont combinés, mais de manière additive.

« Même si vous êtes génétiquement malchanceux avec l’APOE ε4, vous n’êtes pas destiné à souffrir de démence. La composante vasculaire est modifiable »,

Adam de Havenon, professeur agrégé de neurologie à l’Université Yale

Les chercheurs ont analysé les données de vastes cohortes de participants, issues de l’ étude sur le risque d’athérosclérose dans les communautés (ARIC) et de la Biobanque britannique, permettant d’analyser les informations de dizaines de milliers de personnes sur plusieurs années. Les résultats ont confirmé que les personnes présentant à la fois des niveaux élevés d’HSB et la variante APOE ε4 étaient significativement plus susceptibles de développer une démence que celles ne présentant pas ces deux facteurs.

L’étude souligne l’importance de s’attaquer aux affections courantes et évitables, telles que l’hypertension artérielle et le diabète, qui influencent directement l’apparition et la progression des lésions cérébrales associées à la démence. Une surveillance médicale régulière et un traitement rapide peuvent réduire ou retarder les dommages neurologiques, même chez les personnes ayant des antécédents familiaux de la maladie.

Adopter un mode de vie sain, incluant une alimentation équilibrée, une activité physique régulière et l’absence de tabagisme, est également essentiel pour maintenir la santé cérébrale.

« Si vous avez l’APOE ε4 et que vous ne prenez pas soin de votre santé vasculaire, vous faites partie d’un groupe à haut risque. Cependant, avoir le génotype APOE ε4 ne signifie pas nécessairement développer une démence. »

Adam de Havenon, professeur agrégé de neurologie à l’Université Yale

Le diagnostic précoce des hyperintensités de la substance blanche, grâce à l’IRM, offre une opportunité d’intervenir avant l’apparition des symptômes cognitifs. Cette avancée permet de concevoir des stratégies de prévention personnalisées et d’augmenter les chances de retarder la détérioration.

En conclusion, l’étude de l’Université Yale rappelle que la démence n’est pas une fatalité. Le contrôle des facteurs vasculaires relève de la responsabilité individuelle et peut modifier considérablement le risque de déclin cognitif. La prévention cardiovasculaire s’impose ainsi comme un outil efficace pour protéger la fonction cérébrale à long terme, en particulier chez les personnes connaissant leur susceptibilité génétique. Dix clés soutenues par la science pour protéger la santé cardiovasculaire.

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