Home SantéPourquoi la méthode de la NASA échoue et qu’est-ce qui peut sauver des vies à la place

Pourquoi la méthode de la NASA échoue et qu’est-ce qui peut sauver des vies à la place

by Sophie Martin

Publié le 14 octobre 2025 à 7h00. En apesanteur, les techniques de réanimation cardio-pulmonaire (RCP) classiques s’avèrent inefficaces. Une étude révolutionnaire révèle qu’un appareil de compression thoracique automatique pourrait être la clé pour sauver des vies dans l’espace, et potentiellement sur Terre dans des environnements extrêmes.

  • Les compressions thoraciques manuelles sont compromises par l’absence de gravité.
  • Un appareil à piston spécifique permet d’atteindre la profondeur de compression recommandée en RCP.
  • Ces recherches pourraient avoir des applications au-delà de l’espace, notamment dans des environnements isolés sur Terre.

Sur la Station spatiale internationale (SSI), un arrêt cardiaque représente un défi médical majeur. L’absence de gravité empêche les secouristes d’utiliser leur poids pour effectuer des compressions thoraciques efficaces. Une étude présentée lors du congrès 2025 de la Société européenne de cardiologie à Madrid a évalué différentes méthodes de RCP en microgravité, ouvrant la voie à une médecine d’urgence spatiale plus performante.

Les chercheurs ont mené leurs expériences dans un environnement de test simulant les conditions spatiales. « Nous avons testé différents types de compressions thoraciques dans un ‘laboratoire volant’ qui reproduit l’apesanteur vécue par les astronautes dans l’espace », explique Nathan Reynette, du service de cardiologie de l’Université de Lorraine-CHRU de Nancy, qui a dirigé l’étude, dans un communiqué.

Les directives actuelles de la NASA pour les urgences à bord de la SSI recommandent la « méthode du poirier ». Cette technique consiste pour le secouriste à se positionner à l’envers sur la poitrine de la victime et à appuyer avec ses jambes contre la paroi de la station pour générer la pression nécessaire. Cependant, l’étude démontre que cette méthode manuelle, atteignant une profondeur de compression moyenne de 34,5 millimètres, est inférieure aux 50 à 60 millimètres recommandés par les protocoles médicaux.

L’équipe a comparé trois appareils automatiques de compression cardiaque à la méthode manuelle. Les résultats ont été sans appel : seul un appareil à piston standard a permis d’atteindre la profondeur de compression optimale, avec une pression moyenne de 53 millimètres. Les deux autres dispositifs testés – un appareil à bande de compression et un piston plus petit – ont affiché des performances similaires à la méthode manuelle, avec une profondeur de compression de 29 millimètres. « Nous espérons que nos résultats seront intégrés aux lignes directrices pour le traitement des arrêts cardiaques dans l’espace dans les années à venir », déclare Reynette.

Les implications de cette étude dépassent le cadre spatial. « La médecine spatiale fournit souvent des connaissances transférables pour les procédures d’urgence dans des environnements isolés sur Terre, où l’espace et l’expérience clinique sont également limités », souligne Reynette. Des recherches complémentaires pourraient déterminer si les dispositifs de compression thoracique automatiques pourraient être utiles dans des environnements tels que les sous-marins ou les stations de recherche arctiques.

Bien que les arrêts cardiaques soient actuellement rares dans l’espace – les astronautes étant soumis à une sélection médicale rigoureuse et à une préparation physique intensive – cette situation pourrait évoluer. Avec l’allongement des missions spatiales et le développement du tourisme spatial, la probabilité d’urgences médicales dans l’espace ne cesse d’augmenter.

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