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Préparation à l’intelligence artificielle chez les jeunes médecins de famille en Europe

by Sophie Martin

Publié le 25 novembre 2025 01:08:00. Une étude menée auprès de jeunes médecins généralistes européens révèle un niveau de préparation variable face à l’essor de l’intelligence artificielle (IA) dans les soins de santé, soulignant la nécessité d’une formation adaptée pour une intégration efficace de ces technologies.

  • L’étude, basée sur un questionnaire standardisé, montre que la connaissance des applications actuelles de l’IA est un facteur clé de préparation.
  • Le score médian de préparation à l’IA s’élève à 69 sur 110, avec des disparités notables entre les participants.
  • Les médecins hommes se déclarent globalement plus préparés que les femmes, un résultat qui appelle à une analyse plus approfondie.

L’intégration de l’intelligence artificielle dans les soins primaires suscite un intérêt croissant, promettant d’améliorer l’efficacité, de personnaliser les traitements et d’optimiser l’allocation des ressources. Cependant, pour que ces promesses se concrétisent, il est crucial que les médecins de premier recours soient correctement formés et sensibilisés aux enjeux éthiques et aux potentielles inégalités que pourrait engendrer l’IA. C’est dans ce contexte qu’une équipe de chercheurs a mené une étude pour évaluer l’état de préparation des jeunes médecins généralistes européens face à cette nouvelle réalité.

L’étude, menée de août à septembre 2024, a inclus 134 médecins de 20 pays européens, principalement des stagiaires ou des médecins exerçant depuis moins de cinq ans. Les participants ont répondu à un questionnaire en ligne intégrant l’échelle de préparation à l’IA médicale (MAIRS), un outil validé permettant de mesurer la préparation dans quatre dimensions : la connaissance (cognition), la capacité, la vision et l’éthique. Les résultats révèlent un niveau de préparation modéré, avec un score médian global de 69 sur 110. Les scores varient considérablement d’un participant à l’autre, reflétant des différences dans les connaissances, les compétences et les perspectives.

L’analyse des données a mis en évidence une corrélation significative entre la préparation à l’IA et la connaissance de ses applications actuelles dans le domaine de la santé (P < 0,001). Les médecins ayant une meilleure compréhension des possibilités offertes par l’IA se sentent également plus aptes à l’utiliser dans leur pratique quotidienne (P = 0,013). De manière surprenante, l’étude a également révélé que les médecins hommes se déclaraient plus préparés que les femmes (P = 0,013), un résultat qui mériterait d’être approfondi pour identifier les raisons de cet écart.

Les chercheurs soulignent que l’utilisation effective de l’IA en médecine familiale reste encore limitée. Selon les données recueillies, un quart des participants n’utilisent pas l’IA, un tiers l’utilise rarement et seulement une petite minorité l’utilise fréquemment. Cette faible adoption est souvent liée à un manque de formation, à des préoccupations concernant la fiabilité des outils d’IA et à des craintes quant à l’impact sur la relation médecin-patient. Plus de la moitié des participants n’ont d’ailleurs reçu aucune formation formelle en IA.

Cette étude, bien que présentant certaines limites méthodologiques – notamment un biais de sélection lié à la méthode d’échantillonnage en boule de neige et une représentation géographique inégale – offre des perspectives précieuses sur l’état de préparation des jeunes médecins généralistes européens face à l’IA. Elle souligne l’urgence de mettre en place des programmes de formation adaptés, axés sur les compétences essentielles, l’éthique et la sécurité des patients, afin de garantir une intégration responsable et efficace de l’IA dans les soins primaires.

Remerciements :

Cette étude a été présentée lors de la conférence WONCA Europe à Dublin, en Irlande, en septembre 2024 ; les auteurs remercient l’organisation pour l’opportunité de partager leurs résultats. Ils expriment également leur gratitude aux membres du Mouvement européen des jeunes médecins de famille (EYFDM) pour leur participation active et leurs précieuses contributions.

  • Reçu pour publication 19 janvier 2025.
  • Révision reçue 22 mars 2025.
  • Accepté pour publication 28 juillet 2025.

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