Home SantéPrévalence élevée des fractures vertébrales associées à l’indice d’apnée-hypopnée chez les patients ayant un diagnostic récent d’apnée obstructive du sommeil | Troubles musculo-squelettiques du BMC

Prévalence élevée des fractures vertébrales associées à l’indice d’apnée-hypopnée chez les patients ayant un diagnostic récent d’apnée obstructive du sommeil | Troubles musculo-squelettiques du BMC

by Sophie Martin

Publié le 30 septembre 2025 11h36. Une nouvelle étude révèle une prévalence élevée de fractures vertébrales chez les patients souffrant d’apnée obstructive du sommeil (AOS), même peu après le diagnostic, soulignant la nécessité d’une meilleure évaluation de la santé osseuse dans cette population.

  • Les fractures vertébrales thoraciques radiologiques sont plus fréquentes que ce que l’on pensait chez les patients atteints d’AOS.
  • Un indice d’apnée-hypopnée (IAH) supérieur à 21,6 événements par heure est associé à un risque accru de fractures vertébrales.
  • Le diagnostic tardif de l’AOS pourrait contribuer à une fragilité osseuse non détectée et à des complications à long terme.

Contrairement à une idée reçue, l’incidence des fractures liées à l’ostéoporose chez les patients atteints d’AOS est mal connue. Une étude transversale récente a mis en évidence une prévalence significative de fractures vertébrales thoraciques détectées par radiographie chez une large cohorte de patients. Un constat particulièrement notable est que la majorité de ces fractures ont été diagnostiquées dans les 12 mois suivant l’identification de l’AOS, suggérant que la fragilité osseuse peut se développer rapidement après l’apparition de la maladie.

L’incidence des fractures vertébrales a augmenté ces dernières années 19, une tendance également observée chez les patients atteints d’AOS. En 2002, 1,3 % des femmes sans antécédents de fractures diagnostiquées avec l’AOS par leurs médecins l’ont déclaré. Ce chiffre est passé à 3,3 % en 2012 6. Cependant, l’étude souligne que les données auto-déclarées sont souvent biaisées et ne prennent pas en compte les formes légères à modérées d’AOS, ce qui conduit à une sous-estimation de la véritable incidence des fractures.

Les fractures vertébrales sont souvent méconnues en raison de la nature auto-limitante de leurs symptômes, tels que les douleurs dorsales 21. Par conséquent, comme dans la population générale, l’évaluation de la santé osseuse chez les patients atteints d’AOS ne peut se baser uniquement sur les antécédents médicaux 20. L’absorptiométrie biphotonique à rayons X (DXA), bien qu’utilisée couramment pour évaluer la densité minérale osseuse (DMO), présente des limites chez les patients atteints d’AOS, en particulier ceux en surpoids ou obèses, en raison de l’atténuation des rayons X par les tissus mous 23, 24.

L’étude a identifié un seuil d’IAH de 21,6 événements par heure, avec une sensibilité de 85,2 % et une spécificité de 61,4 % pour prédire les fractures vertébrales. Ces données suggèrent que l’IAH pourrait être un indicateur précoce de fragilité osseuse chez les patients atteints d’AOS. La perturbation circadienne, la fragmentation du sommeil et l’hypoxie intermittente, caractéristiques de l’AOS, sont associées à l’ostéoporose 4. Une augmentation de l’IAH est corrélée à des troubles du sommeil, une durée de sommeil réduite et une somnolence diurne excessive 20, des facteurs qui augmentent également le risque de fractures vertébrales 16, 7.

Le retard de diagnostic de l’AOS pourrait aggraver la fragilité osseuse et entraîner des complications à long terme. Les patients atteints d’AOS ont une durée médiane de maladie estimée 1,5 fois plus longue que ceux sans fractures vertébrales, bien que cette différence ne soit pas statistiquement significative. Il est donc crucial d’améliorer le dépistage et la prise en charge de la santé osseuse chez les patients atteints d’AOS, en tenant compte de l’IAH et en utilisant des méthodes d’évaluation morphométrique des fractures vertébrales, considérées comme l’étalon-or 10, 11, 12.

Cette étude présente certaines limites, notamment sa conception rétrospective qui ne permet pas d’établir de liens de causalité clairs et le manque de données sur certains facteurs de confusion potentiels tels que le mode de vie et l’alimentation. Des recherches futures, incluant des études prospectives et des essais contrôlés randomisés, sont nécessaires pour confirmer ces résultats et améliorer la compréhension de la relation entre l’AOS et la fragilité osseuse.

You may also like

Leave a Comment

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.