Publié le 2024-02-29 10:30:00. Des chercheurs écossais ont découvert qu’une bactérie commune pouvait non seulement dégrader le plastique polluant, mais aussi le transformer en paracétamol, ouvrant une voie prometteuse pour lutter contre la pollution et produire des médicaments.
- Une bactérie, Escherichia coli, peut décomposer le téréphtalate de polyéthylène (PET), un plastique courant.
- Ce processus de dégradation transforme le PET en acide pyridyodicarboxylique (PDCA), un précurseur écologique pour de nouveaux plastiques.
- L’étude révèle que la bactérie peut convertir jusqu’à 92 % des molécules de PABA en paracétamol en seulement deux jours.
La pollution plastique représente un défi environnemental majeur, avec environ 95 % des plastiques étant dérivés de pétrole et de gaz (ce pourcentage atteignant 98 % si l’on inclut le charbon). Le téréphtalate de polyéthylène (PET), utilisé dans les bouteilles, les emballages et les textiles, se fragmente en microplastiques qui contaminent les écosystèmes et peuvent même pénétrer dans le corps humain, comme l’ont montré des recherches récentes révélant leur présence dans les testicules humains. La pollution environnementale et ses conséquences potentielles sur la santé humaine sont donc une préoccupation croissante.
Une équipe de chercheurs de l’Université d’Édimbourg en Écosse a exploré une solution innovante : l’utilisation de bactéries pour dégrader le PET et le transformer en substances utiles. Leur étude, récemment publiée, met en lumière le potentiel de Escherichia coli, une bactérie présente naturellement dans le sol, l’eau et le système digestif humain, à décomposer non seulement les polyesters naturels, mais aussi les plastiques synthétiques comme le PET.
Les scientifiques ont découvert que les bactéries peuvent métaboliser le PET et le glucose pour synthétiser l’acide pyridyodicarboxylique (PDCA). Le PDCA est un monomère respectueux de l’environnement qui peut être polymérisé pour créer un plastique aux propriétés similaires, voire supérieures, à celles des plastiques traditionnels. Plus impressionnant encore, l’étude a démontré que 92 % des molécules de PABA (acide para-aminobenzoïque) ont été converties en paracétamol en seulement 48 heures, un délai remarquablement court pour une telle réaction.
Cette découverte ouvre des perspectives intéressantes pour la gestion des déchets plastiques et la production de médicaments essentiels. Transformer un polluant omniprésent en un médicament largement utilisé comme le paracétamol représente une avancée significative. L’utilisation de E. coli, une bactérie facilement cultivable et manipulable, rend cette approche particulièrement prometteuse. Le problème de la pollution plastique pourrait ainsi trouver une solution innovante et durable.