Publié le 2024-02-29 14:35:00. Des neuroscientifiques australiens ont découvert que les voix entendues par les personnes atteintes de schizophrénie sont en réalité leur propre voix intérieure, mal interprétée par le cerveau. Cette avancée pourrait ouvrir la voie à un diagnostic plus précoce des psychoses.
- Les chercheurs ont identifié un déficit dans la capacité du cerveau des patients à distinguer les sons internes des sons externes.
- Des mesures d’activité cérébrale par électroencéphalogramme (EEG) ont permis d’enregistrer pour la première fois ce phénomène.
- Cette découverte pourrait conduire à des tests objectifs pour détecter les premiers signes de psychose.
Les personnes souffrant de schizophrénie rapportent souvent entendre des voix qui semblent provenir de l’extérieur. Longtemps considérée comme un mystère, l’origine de ces hallucinations auditives commence à être élucidée grâce aux travaux d’une équipe de l’Université de Nouvelle-Galles du Sud en Australie. Leurs recherches, rapportées par New Scientist, suggèrent que ces voix ne sont pas externes, mais bien internes, et que le cerveau des patients les interprète à tort comme provenant d’une source extérieure.
L’étude a consisté à comparer l’activité cérébrale de trois groupes de participants : des personnes atteintes de schizophrénie qui entendent des voix, des patients schizophrènes ne présentant pas d’hallucinations auditives, et un groupe témoin de personnes en bonne santé. Les chercheurs ont utilisé un EEG pour mesurer l’activité cérébrale pendant que les participants prononçaient silencieusement les mots « bih » ou « bah », tout en écoutant simultanément ces mêmes mots diffusés par des écouteurs.
Chez les participants sains, le cerveau a montré une réaction atténuée lorsque la voix intérieure correspondait au son extérieur, signe qu’il reconnaissait et filtrait sa propre production vocale. En revanche, chez les personnes atteintes de schizophrénie, le cerveau réagissait comme s’il entendait une voix étrangère. Il semble donc que ces patients soient dépourvus du mécanisme cérébral qui permet de distinguer les sons produits par soi-même des sons provenant de l’environnement.
Cette découverte représente une étape importante dans la compréhension de la schizophrénie, une maladie mentale complexe qui affecte environ 1 % de la population mondiale. Jusqu’à présent, le diagnostic de la psychose, dont la schizophrénie est une forme, repose principalement sur l’observation des symptômes et l’évaluation clinique, faute de tests objectifs.
Les chercheurs australiens espèrent que les mesures EEG qu’ils ont développées pourraient à terme permettre de détecter les premiers signes de psychose, avant que les symptômes ne deviennent trop invalidants. Il est important de noter que la psychose est un terme générique désignant un ensemble de symptômes, tels que des délires et des hallucinations. La schizophrénie, quant à elle, est un diagnostic spécifique qui nécessite la présence de symptômes psychotiques pendant au moins un mois, ainsi que des troubles résiduels pendant au moins six mois. La schizophrénie est donc une condition plus large et plus persistante que la simple psychose.
