Home Santéqu’est-ce que l’hormonothérapie dont a bénéficié Carla Bruni?

qu’est-ce que l’hormonothérapie dont a bénéficié Carla Bruni?

by Sophie Martin

Carla Bruni a annoncé la fin de son traitement contre le cancer du sein, après cinq ans d’hormonothérapie. L’ex-mannequin et chanteuse a partagé son expérience sur les réseaux sociaux, encourageant les autres femmes touchées par la maladie à persévérer.

Fin décembre, Carla Bruni a publié un message rassurant à ses fans sur Instagram. Elle a exprimé sa gratitude envers la science pour l’hormonothérapie, un traitement qu’elle a suivi pendant cinq ans. « Malgré ses effets secondaires assez agressifs, je suis reconnaissante à la science d’avoir inventé l’hormonothérapie : cela protège efficacement de la rechute qui est fréquente dans les années qui suivent le diagnostic », a-t-elle écrit.

Chaque année, environ 61 200 femmes en France reçoivent un diagnostic de cancer du sein. L’hormonothérapie, souvent prescrite depuis les années 1970 en complément d’une chirurgie ou d’une chimiothérapie, ou parfois seule, vise à réduire le risque de récidive ou à ralentir la progression de la maladie. Environ trois quarts des cancers du sein sont dits « hormono-dépendants », ce qui signifie que les cellules tumorales ont besoin d’œstrogènes pour se développer.

Contrairement aux idées reçues, l’hormonothérapie ne consiste pas à administrer des hormones, mais à bloquer leur sécrétion. Il existe trois principaux types de traitement, tous administrés à domicile, avec des consultations de suivi régulières :

  • Le tamoxifène, prescrit notamment à Carla Bruni, est un comprimé qui bloque les récepteurs aux œstrogènes. Il est généralement pris quotidiennement pendant cinq ans, mais peut être prolongé jusqu’à 7, 8, voire 10 ans dans les cas de tumeurs à haut risque (envahissement des ganglions, taille importante).
  • Les inhibiteurs de l’aromatase (letrozol, anastrozole et exemestane) agissent en empêchant la production d’œstrogènes par le tissu graisseux. Ce traitement est plutôt destiné aux femmes ménopausées, car après la ménopause, le tissu adipeux devient la principale source d’œstrogènes. Les trois molécules sont considérées comme équivalentes en termes d’efficacité.
  • Les inhibiteurs de LH-RH mettent au repos les ovaires, stoppant ainsi la production d’œstrogènes. Administrés par piqûre mensuelle ou trimestrielle, ils ne conviennent qu’aux femmes pré-ménopausées.

Le choix du traitement d’hormonothérapie est personnalisé, en fonction de l’âge de la patiente, de la gravité de la maladie et de sa tolérance aux effets secondaires.

L’hormonothérapie peut entraîner des effets secondaires tels que des bouffées de chaleur, des troubles du sommeil, des douleurs articulaires et une sécheresse vaginale. Ces symptômes, qui rappellent ceux de la ménopause, peuvent être plus prononcés en raison de la ménopause parfois induite par la chimiothérapie. Selon une étude française de 2020, environ une patiente sur six arrête le traitement au bout d’un an. « D’après ma pratique, environ 60% des patientes supportent bien l’hormonothérapie, 20% moyennement et 20% doivent arrêter ou changer de molécule », explique le Dr. Bruno Cutuli. L’exemestane est parfois mieux toléré que le letrozol, et il est même possible pour une femme ménopausée de revenir au tamoxifène si les effets secondaires sont trop importants.

Dans son message, Carla Bruni a encouragé les autres femmes : « je veux dire à toutes les femmes qui sont dans la même situation de tenir bon – bien sûr l’hormonothérapie est un traitement assez lourd – mais son efficacité peut vous sauver la vie ».

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