Home SantéRassemblement de médecins au Centre Bell | Des milliers de personnes dénoncent la loi 2

Rassemblement de médecins au Centre Bell | Des milliers de personnes dénoncent la loi 2

by Sophie Martin

Quatorze mille personnes ont manifesté leur opposition à la loi 2, dimanche après-midi, au Centre Bell de Montréal, exprimant leur inquiétude face aux changements proposés dans la rémunération des médecins et aux conséquences potentielles sur l’accès aux soins.

La manifestation, organisée conjointement par la Fédération médicale étudiante du Québec (FMEQ), la Fédération des médecins résidents du Québec (FMRQ), la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec (FMOQ) et la Fédération des médecins spécialistes du Québec (FMSQ), a été marquée par une forte désapprobation envers les nouvelles mesures gouvernementales. Les fédérations dénoncent une approche jugée autoritaire et bureaucratique, imposant des cibles de performance sans les ressources nécessaires.

« C’est nous, les médecins de demain. Avec la loi 2, notre devoir ne s’arrête pas à soigner nos patients, on doit en plus soigner le système de santé », a déclaré Félicia Harvey, vice-présidente de la FMEQ, appelant le gouvernement Legault à reconsidérer sa position.

Le Dr Louis-Charles Desbiens, président de la FMRQ, a souligné le manque criant de ressources au sein du système de santé. « On n’est pas paresseux, comme dirait un certain ministre. On n’a pas assez de bras, de temps, d’effectifs, d’hôpitaux où les briques ne menacent pas de tomber. Notre réseau a besoin d’aide », a-t-il affirmé.

Plusieurs médecins craignent que la loi 2 ne les oblige à pratiquer une « médecine McDo », au détriment de la qualité des soins prodigués aux patients. La Dre Isabelle Gagnon, cheffe de département de médecine familiale en Outaouais, s’inquiète d’un possible exode de médecins vers les provinces voisines, notamment l’Ontario, où des offres d’emploi sont activement proposées. « On est juste à côté de l’Ontario. On a déjà reçu des démissions, ça déboule depuis les négociations. Je ne peux pas être de garde 365 jours par année », a-t-elle expliqué.

La Dconcernant Lyne Couture, de l’Association des médecins omnipraticiens Laurentides-Lanaudière, a mis en garde contre les risques que représente cette loi pour le système de santé. « Le système est mis en péril avec la loi 2 », a-t-elle déclaré. La Dconcernant Corinne Leclercq, de la FMSQ, estime quant à elle que cette loi fragilise le lien de confiance entre les médecins et leurs patients.

Le Dr Vincent Oliva, président de la FMSQ, a salué le courage du ministre Lionel Carmant, qui a démissionné suite à l’adoption de la loi. « Bravo à mon ami Lionel qui a eu le courage de partir. Le gouvernement doit revenir à la raison et nous traiter avec du respect », a-t-il insisté.

Le Dr Carlos Melendez, oncologue à Saint-Jérôme, a exprimé sa crainte de voir l’accès aux soins se détériorer. « Si mon patient a besoin d’une heure parce que sa maladie affecte son quotidien, je veux prendre une heure », s’est-il indigné, soulignant que tous les travailleurs de la santé et les patients seront touchés par cette loi.

Le Dr Denis Yahiaoui a critiqué le gouvernement, l’accusant de rejeter la responsabilité des problèmes du système de santé sur les médecins. « C’est comme si une compagnie aérienne blâmait les pilotes pour des avions qui ne fonctionnent pas », a-t-il comparé.

Le cabinet du ministre de la Santé, Christian Dubé, a déclaré comprendre les préoccupations exprimées par les médecins, reconnaissant l’importance des changements proposés. « Nous allons poursuivre l’accompagnement pour bien clarifier ce qu’ils impliquent. Notre responsabilité demeure d’améliorer l’accès et d’assurer que la population reçoive les soins dont elle a besoin », a-t-il affirmé.

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