Des millions d’Américains pourraient voir leurs primes d’assurance maladie grimper considérablement l’année prochaine si le Congrès ne parvient pas à prolonger des crédits d’impôt temporaires mis en place pendant la pandémie de Covid-19. Cette situation inquiétante contraint déjà de nombreux assurés à faire des choix difficiles, voire à envisager de renoncer à une couverture.
Selon une récente enquête menée par l’organisation à but non lucratif KFF, plus de 1 300 personnes inscrites à l’Affordable Care Act (ACA) craignent une augmentation de leurs coûts de santé si ces crédits fiscaux, qui aident plus de 90 % des inscrits à payer leurs primes, ne sont pas reconduits. La perspective d’une prolongation semble de plus en plus incertaine, après une paralysie record de 43 jours du gouvernement cet automne, due à des désaccords au Congrès.
Dinam Bigny, 52 ans, de Aldie, en Virginie, témoigne de cette réalité. Il a dû contracter des dettes et accepter un colocataire cette année, en partie à cause de primes d’assurance maladie qui atteignent déjà près de 900 $ (environ 830 €) par mois. L’année prochaine, ces frais mensuels devraient augmenter de 200 $ (environ 180 €), une hausse qu’il juge insoutenable. « Je ne pourrai pas le payer, parce que j’ai vraiment épuisé toutes mes économies en ce moment », explique-t-il. « Le fonds d’urgence est toujours en train de s’épuiser – c’est ce qui fait peur. »
L’enquête de KFF révèle que six personnes sur dix inscrites à l’ACA ont déjà du mal à payer les frais annexes liés à leur couverture, tels que les franchises et les quotes-parts. Plus de la moitié éprouvent également des difficultés à payer les primes elles-mêmes. La plupart estiment qu’une augmentation de 300 $ (environ 275 €) par an de leurs frais d’assurance maladie perturberait considérablement leurs finances.
Cynthia Cox, vice-présidente de KFF en charge de la recherche sur l’ACA, souligne que la population bénéficiant de l’assurance maladie proposée par l’ACA est diverse, allant des entrepreneurs aux propriétaires de petites entreprises. Cependant, la majorité des inscrits ont des revenus modestes et sont donc particulièrement vulnérables à la moindre augmentation des coûts de santé. « Il s’agit souvent de personnes qui vivent d’un salaire à l’autre, et qui ont également des revenus volatils ou imprévisibles », précise-t-elle. « Les augmentations auxquelles beaucoup d’entre eux sont confrontés vont constituer une sorte de difficultés financières pour eux. »
Larry Griffin, 56 ans, de Paso Robles, en Californie, paie déjà 920 $ (environ 845 €) par mois pour son plan de santé de niveau or. Il s’attend à ce que ce prix atteigne environ 1 400 $ (environ 1 280 €) l’année prochaine, en plus d’une augmentation des quotes-parts et du montant annuel maximum à payer. Malgré ces difficultés, il ne peut se permettre de renoncer à son assurance, notamment en raison d’une récente amputation de sa jambe gauche et d’autres problèmes de santé. « Je ne vais pas dire que je ne peux pas y parvenir, je peux, mais c’est juste une autre de ces choses », confie-t-il. « Voici, vous savez, frappez le numéro 5 000 contre moi après toutes les autres choses auxquelles j’ai dû faire face. »
Patricia Roberts, 52 ans, de Auburn, en Alabama, s’attend à ce que ses primes mensuelles passent d’environ 800 $ (environ 735 €) à 1 100 $ (environ 1 010 €) l’année prochaine. Ses amis en Géorgie pourraient voir leurs frais mensuels doubler. « Je ne sais pas comment les gens vont vivre, alors qu’il est déjà difficile de payer pour la nourriture et toutes les autres choses », déplore-t-elle.
Le soutien à une prolongation des crédits d’impôt est largement répandu, quel que soit le parti politique. L’enquête de KFF montre que près de tous les démocrates, environ 8 indépendants sur 10, et même 7 républicains sur 10 estiment que ces crédits devraient être maintenus. Yvette Laugier, 56 ans, républicaine de Chicago, estime qu’une prolongation temporaire, assortie de mesures de lutte contre la fraude, permettrait aux personnes à faible revenu de mieux évaluer leurs options.
Si les crédits d’impôt venaient à expirer, les inscrits ont tendance à imputer la responsabilité à Donald Trump et aux républicains du Congrès, bien que certains estiment que la faute devrait être partagée entre les deux partis. Dinam Bigny, en Virginie, espère que les législateurs parviendront à un compromis dans les semaines à venir. « Ils devraient simplement s’asseoir et vraiment chercher ce qui est le mieux pour le peuple américain dans son ensemble », conclut-il.
Pour aller plus loin
- Bank of Ghana Identifie 20 Applications de Prêt Numérique Sans Licence
- La Coalition avenir Québec Remporte 90 des 125 Circonscriptions au Québec
- EN DIRECT, guerre au Moyen-Orient : Donald Trump assure retenir des frappes contre l’Iran à la demande de Téhéran, dans l’attente d’un accord rapide (lederniereheure.com)
