Home AffairesRéparation automobile en Suisse: pourquoi les coûts explosent – Actualités

Réparation automobile en Suisse: pourquoi les coûts explosent – Actualités

by Amélie Bernard

Publié le 3 décembre 2025 à 14h57. Les coûts de réparation automobile en Suisse ont explosé ces dernières années, en raison de la complexité croissante des véhicules et du prix élevé de leurs pièces détachées.

  • Le coût de réparation d’une VW Golf est passé de 4 000 à 5 100 francs suisses (environ 3 400 €) en dix ans.
  • Pour une BMW Série 3, l’augmentation est encore plus spectaculaire, passant de 5 000 à 15 500 francs suisses (environ 13 100 €).
  • Les garagistes indépendants se tournent vers des pièces de rechange non constructeur pour réduire les coûts, parfois sans compromettre la qualité.

La facture du garage pèse de plus en plus lourd dans le budget des automobilistes suisses. Selon une analyse du service de comparaison Comparis, relayée par la Radio et Télévision romande (RTS), les coûts de réparation ont considérablement augmenté ces dernières années, touchant tous les types de véhicules.

L’étude de Comparis a comparé le prix de réparations courantes – phares, pare-brise, pare-chocs – sur des véhicules âgés de dix ans et d’un an. Les résultats sont sans appel : la complexité technologique des voitures récentes se traduit par une augmentation significative des coûts.

Un graphique montrant les augmentations de prix des modèles BMW, Mercedes, Skoda et VW entre 2015 et 2025.
Légende:

Le coût augmente selon certains modèles (Chiffres de Comparis)

RTS

Claudio Cerato, garagiste à Genève, confirme cette tendance.

« Il y a des calculateurs pour tout : moteur, freins, ABS, airbags. Tout est électronique. »

Claudio Cerato, garagiste genevois

L’évolution technologique implique également des investissements importants pour les ateliers. L’achat d’appareils de diagnostic électronique, indispensables pour le dépannage, représente un coût non négligeable.

« Ils coûtent entre 4 000 et 5 000 francs suisses (environ 3 400 à 4 200 €), sans les licences annuelles ni les mises à jour. »

Claudio Cerato, garagiste genevois

La complexité des véhicules se traduit également par un nombre de pièces en constante augmentation. Sebastian Becker, passionné de voitures anciennes, illustre cette évolution en comparant son bus VW de 1967 aux modèles actuels.

« À l’époque, une voiture était composée d’environ 7 000 composants, y compris tous les écrous et boulons. Aujourd’hui, un véhicule compte environ 70 000 composants. »

Sebastian Becker, amateur de voitures classiques

Pour limiter l’impact de ces coûts, de nombreux garagistes proposent des pièces de rechange alternatives, non fabriquées par les constructeurs automobiles. Des entreprises comme Derendinger, qui approvisionnent 7 500 ateliers en Suisse, proposent des pièces de qualité à des prix plus abordables. Sébastien Moix, responsable marketing chez Derendinger, explique :

« Les pièces que nous vendons peuvent être officiellement étiquetées comme pièces d’origine. Parfois, c’est le même produit, mais emballé différemment. »

Sébastien Moix, responsable marketing chez Derendinger

Nicolas Roos, garagiste à Rossens (FR), reconnaît l’intérêt de ces alternatives.

« Si l’on compare certaines pièces avec et sans logo de marque, la différence de prix atteint parfois près de 50 pour cent. »

Nicolas Roos, garagiste à Rossens (FR)

Il reste toutefois prudent sur certaines réparations, privilégiant les pièces d’origine pour les éléments essentiels comme les pots catalytiques ou les pompes haute pression.

Les experts interrogés par la RTS s’accordent sur un point : pour éviter les mauvaises surprises, il est essentiel de faire confiance à un garage automobile compétent et, si possible, d’opter pour un véhicule avec un équipement minimaliste, dont les réparations sont généralement moins coûteuses.

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