Publié le 2025-11-05 00:22:00. Des déclarations controversées du ministre des Affaires étrangères Johann Wadephul, comparant la situation en Syrie à l’Allemagne de 1945, suscitent des tensions au sein de la CDU et interrogent la stratégie du parti en matière de rapatriement des réfugiés syriens.
- Le ministre des Affaires étrangères Johann Wadephul a provoqué l’indignation en affirmant que la situation en Syrie était plus préoccupante qu’en Allemagne en 1945.
- Des divergences semblent apparaître entre M. Wadephul et le chef de la CDU, Friedrich Merz, concernant la politique d’expulsion des réfugiés syriens.
- Les responsables de la CDU craignent que ces controverses n’ébranlent l’image de la coalition gouvernementale.
La CDU est divisée après les récentes déclarations de son ministre des Affaires étrangères, Johann Wadephul. Lors d’une réunion de groupe parlementaire à Berlin, M. Wadephul aurait affirmé que la situation en Syrie était plus désespérée qu’en Allemagne à la fin de la Seconde Guerre mondiale. Cette comparaison, rapportée par l’agence de presse dpa, a suscité une vive réaction et a été largement relayée par les médias.
Le chancelier Friedrich Merz et M. Wadephul ont tenté d’apaiser les tensions lors de la même réunion, en abordant la question des expulsions de réfugiés syriens. Cette discussion intervient après que M. Wadephul a exprimé des doutes quant au nombre de Syriens qui souhaiteraient réellement retourner dans leur pays d’origine, lors d’une visite dans une banlieue de Damas, la capitale syrienne dévastée par la guerre. Il avait alors déclaré :
« Il est rare que les gens puissent vraiment vivre dignement ici. »
Johann Wadephul, ministre des Affaires étrangères
Ces propos ont alimenté les interrogations au sein de l’Union quant à l’alignement de M. Wadephul sur la ligne du parti, qui prône un rapatriement rapide des réfugiés syriens. Le ministre a cependant démenti mardi matin l’existence de divergences avec M. Merz sur la question syrienne.
Malgré ces dénégations, les critiques à l’encontre de M. Wadephul persistent. Jens Spahn, chef du groupe parlementaire CDU, l’a accusé, selon des participants à la réunion, de nuire à l’image publique de la coalition. Il a souligné qu’une seule déclaration pouvait compromettre les « succès de la coalition dans le domaine de la migration irrégulière », qui reposent sur des décisions prises conjointement.
Lundi, Friedrich Merz avait affirmé que la guerre civile en Syrie était terminée et qu’il n’existait plus de « raisons d’asile en Allemagne » pour ceux qui y ont fui. Il estime que de nombreux Syriens pourraient retourner volontairement dans leur pays pour participer à la reconstruction, et que ceux qui refuseraient pourraient « bien sûr être expulsés ». Cependant, l’agence des Nations Unies pour les réfugiés a mis en garde contre des expulsions hâtives vers la Syrie, soulignant que les capacités d’accueil du pays, déjà fragilisé, sont dépassées par le nombre de rapatriés des pays voisins.
