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by Amélie Bernard

Publié le 13 octobre 2025 à 19h31. Une cyberattaque de grande ampleur a paralysé une partie des opérations du géant brassicole japonais Asahi, forçant l’entreprise à revenir à des méthodes manuelles pour gérer ses commandes et expéditions, et suscitant des inquiétudes quant à d’éventuelles pénuries.

  • Le brasseur Asahi, qui contrôle environ 40 % du marché japonais de la bière, a été victime d’une attaque par rançongiciel fin septembre.
  • L’entreprise a dû interrompre la production dans la plupart de ses usines et recourir à des commandes manuscrites, des documents papier et des fax.
  • Un groupe de cybercriminels, se faisant appeler Qilin, a revendiqué la responsabilité de l’attaque.

La commodité des outils numériques est telle qu’on en oublie la fragilité. Lorsqu’un système essentiel s’effondre, les conséquences peuvent être considérables, comme l’a récemment démontré Jaguar Land Rover avec sa cyberattaque. Aujourd’hui, c’est au tour d’Asahi, le premier brasseur japonais, de faire face à une crise similaire.

L’incident a débuté fin septembre, lorsqu’un rançongiciel a compromis les systèmes de commande et d’expédition d’Asahi au Japon. En quelques heures, la production dans la majorité des usines a été suspendue, obligeant l’entreprise à réorganiser complètement sa logistique. Des chaînes de supermarchés et de proximité, dont 7-Eleven et FamilyMart, ont prévenu leurs clients de possibles ruptures de stock. Bien que la production ait repris de manière limitée, Asahi n’a pas pu garantir un retour rapide à la normale.

Les systèmes informatiques d’Asahi, essentiels au traitement des commandes, à la coordination des livraisons et à la communication avec les distributeurs, étaient hors service. Paradoxalement, les usines étaient toujours capables de produire, mais l’entreprise s’est retrouvée incapable de gérer une seule commande d’expédition. Cette situation a conduit à l’activation d’un protocole de confinement, impliquant le blocage des serveurs et la suspension du courrier entrant en provenance de l’étranger. En l’espace de quelques heures, le plus grand brasseur du pays est passé d’une automatisation totale à un arrêt quasi complet.

Face à ce blocage numérique, Asahi a mis en œuvre un plan d’urgence basé sur des procédures manuelles. Les commandes ont été rédigées à la main, les bons de livraison imprimés et les confirmations d’expédition transmises par fax, un mode de communication tombé en désuétude depuis des décennies. L’objectif était de maintenir un flux de produits, même réduit. Cette approche a permis de réactiver partiellement le réseau de distribution, en attendant la réouverture du centre d’appels.

Progressivement, Asahi a remis en service ses six centres brassicoles à travers le pays, en commençant par la production de la bière Asahi Super Dry. Certaines usines de boissons gazeuses et de produits alimentaires ont également repris leurs activités, mais à un rythme plus lent. L’entreprise a souligné que sa production restait bien en deçà des niveaux normaux et que les mesures de confinement étaient toujours en vigueur.

L’attaque n’a affecté que les opérations nationales d’Asahi. Les filiales européennes et britanniques ont continué à fonctionner sans interruption. La partie japonaise, qui représente environ 50 % du chiffre d’affaires mondial de l’entreprise, a été la seule touchée. Malgré la portée géographique limitée, l’impact économique et logistique à l’intérieur du Japon a été significatif.

Un groupe de cybercriminels se faisant appeler Qilin a revendiqué la responsabilité de la cyberattaque. Cette organisation opère selon un modèle de « rançongiciel en tant que service » et a déjà été impliquée dans des attaques contre de grandes entreprises. Asahi n’a pas confirmé cette version ni détaillé la nature de l’intrusion. Le gouvernement japonais mène une enquête pour déterminer les circonstances exactes de l’incident.

Asahi poursuit son plan de redressement, axé sur la restauration progressive des systèmes de commande et d’expédition. La priorité immédiate est de normaliser la production et de rouvrir complètement son centre de service client. L’entreprise espère accélérer le rythme de distribution et récupérer une partie de son catalogue d’ici mi-octobre. Aucune date précise n’a été fixée pour un retour complet à la normale, mais Asahi assure que les mesures de sécurité seront renforcées avant de reprendre un fonctionnement à 100 %.

Images | Asahi (1, 2) | Freepik

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