Home MondeSommet de Berlin sur l’Ukraine. Donald Tusk a pris la parole

Sommet de Berlin sur l’Ukraine. Donald Tusk a pris la parole

by Clara Dubois

Publié le 15 décembre 2025 à 21h41. Lors d’un sommet à Berlin, le Premier ministre polonais Donald Tusk a souligné un alignement sans précédent entre les États-Unis, l’Europe et l’Ukraine, tout en insistant sur la nécessité d’une unité occidentale pour encourager des négociations sérieuses avec la Russie.

  • Les États-Unis ont clairement exprimé leur volonté de participer à un système de garanties de sécurité pour l’Ukraine, une déclaration qualifiée de “d’une grande portée” par Donald Tusk.
  • La Pologne continuera à soutenir l’Ukraine, notamment sur le plan logistique, et sécurisera son propre flanc est, en discutant avec des partenaires comme la Finlande.
  • La question de l’utilisation des avoirs russes gelés pour la reconstruction de l’Ukraine reste un point de divergence majeur entre les États-Unis et l’Europe.

Le sommet de Berlin a permis de constater une convergence des vues sur la nécessité de renforcer la sécurité de l’Ukraine, avec l’ébauche d’une mission militaire européenne soutenue par les États-Unis. Donald Tusk a insisté sur l’importance d’une approche unie de l’Occident pour faire pression sur la Russie et ouvrir la voie à des négociations significatives, bien qu’il ait jugé improbable un cessez-le-feu avant les fêtes de fin d’année.

Selon le Premier ministre polonais, la déclaration américaine concernant la participation à un système de garanties de sécurité pour l’Ukraine est un tournant. Il a rapporté avoir entendu des négociateurs américains affirmer que les États-Unis s’engageraient militairement si la Russie devait à nouveau attaquer l’Ukraine.

« Ce serait trop dire, trop fort. Mais pour la première fois, j’ai entendu des négociateurs américains dire : Ici, M. (Steve) Witkoff a été très clair sur le fait que l’Amérique s’engagerait à garantir la sécurité de l’Ukraine de telle manière que les Russes n’auraient aucun doute sur le fait que la réponse américaine serait militaire si les Russes attaquaient à nouveau l’Ukraine. Donc, dans un sens, il est similaire à l’article 5, mais je ne ferais pas référence directement à l’article 5, car cela ne ferait que rendre les négociations plus difficiles. »

Donald Tusk, Premier ministre polonais

Toutefois, M. Tusk a souligné que les éventuelles concessions territoriales restent une question délicate qui relève de la seule appréciation de l’Ukraine. La Pologne ne fera aucune pression à ce sujet, estimant que la décision doit émaner d’une évaluation lucide de la situation par les Ukrainiens eux-mêmes. Il a également rappelé que les garanties de sécurité pour l’Ukraine sont également dans l’intérêt de la Pologne et des pays voisins.

La question de l’utilisation des avoirs russes gelés pour financer la reconstruction de l’Ukraine a révélé des divergences importantes. Les États-Unis se montrent prudents, craignant que l’utilisation de ces fonds ne complique les négociations avec la Russie.

« Les Américains disent de laisser ces actifs russes car il est difficile de s’asseoir avec Poutine et de dire : “construisons un compromis, mais nous prendrons votre argent”. C’est l’argument américain pour être très prudent et ne pas mettre les choses au bord de la mer. »

Donald Tusk, Premier ministre polonais

Selon M. Tusk, les Américains pourraient même envisager d’utiliser leurs propres fonds, éventuellement en concertation avec la Russie. Il a qualifié cette approche d'”approche commerciale” de la question. Une décision a toutefois été prise au niveau de l’UE pour geler définitivement les avoirs russes.

Concernant un éventuel cessez-le-feu avant Noël, Donald Tusk s’est montré pessimiste, estimant que la Russie ne semble pas intéressée par des négociations de paix sérieuses pour le moment. Il a réaffirmé la nécessité d’une pression accrue et d’une unité occidentale pour encourager des pourparlers concrets.

Le sommet de Berlin a également permis de définir les contours d’une mission militaire européenne, soutenue par les États-Unis, destinée à renforcer la sécurité de l’Ukraine. Les participants se sont également accordés sur la nécessité de maintenir l’effectif de l’armée ukrainienne à 800 000 soldats en temps de paix. Plus d’informations sur cette mission militaire sont disponibles ici.

Donald Trump, qui a participé au sommet par visioconférence, a déclaré que les discussions étaient “très bien” et que les parties étaient “plus proches qu’avant” d’une solution. Ses déclarations après le sommet sont disponibles ici. Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a quant à lui salué le rôle de l’Allemagne dans ce processus. Sa réaction a été publiée ici.

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