Publié le 17 octobre 2024, 12h47. La restitution des dépouilles d’otages israéliens détenus à Gaza se heurte à des difficultés logistiques et à des accusations de violations du cessez-le-feu, tandis que l’administration Trump maintient la pression sur le Hamas pour qu’il désarme.
- Le Hamas affirme que la récupération des corps est entravée par la destruction de tunnels et de bâtiments, ainsi que par l’interdiction israélienne d’acheminer du matériel de déblaiement.
- Israël accuse le Hamas de ne pas respecter l’accord de cessez-le-feu en ne restituant que dix des 28 corps d’otages détenus.
- Donald Trump a réitéré sa menace d’intervenir militairement si le Hamas ne renonce pas aux armes.
La restitution des dépouilles des otages israéliens décédés dans la bande de Gaza s’avère plus complexe que prévu, selon le Hamas. Le mouvement islamiste palestinien a déclaré jeudi que le processus pourrait prendre du temps, certains corps ayant été enterrés dans des tunnels détruits par les forces israéliennes et d’autres restant sous les décombres de bâtiments bombardés. Le Hamas a ajouté que l’acheminement du matériel nécessaire aux opérations de déblaiement est bloqué par Israël.
« Le processus de restitution des corps des prisonniers israéliens pourrait prendre un certain temps, car certains de ces corps ont été enterrés dans des tunnels détruits par l’occupation, tandis que d’autres restent dans les décombres de bâtiments bombardés et démolis par Israël », a indiqué le Hamas sur le réseau social Telegram.
La Turquie a annoncé l’envoi d’une équipe d’experts pour aider aux recherches, forte d’environ 80 sauveteurs expérimentés dans les environnements difficiles, notamment après des tremblements de terre. Ces derniers sont déjà sur place, selon les autorités turques.
Israël accuse le Hamas de violer les termes du cessez-le-feu entré en vigueur le 10 octobre, qui prévoyait le retour de tous les otages, vivants ou décédés, d’ici lundi matin. Si le Hamas a libéré les 20 derniers otages vivants, seulement dix des 28 corps retenus ont été restitués. Tel Aviv affirme en outre qu’un des corps remis ne correspondait pas à celui d’un otage.
En contrepartie de la restitution des dépouilles, Israël a remis au total 120 corps palestiniens, dont 30 jeudi à Gaza, selon le ministère de la Santé du Hamas.
L’ancien président américain Donald Trump a reconnu la complexité de la situation, appelant à la patience.
« C’est un processus horrible (…) mais ils fouillent, ils fouillent vraiment » et « trouvent beaucoup de corps »,
Donald Trump
a-t-il déclaré en réponse aux questions des journalistes.
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a réaffirmé sa détermination à restituer « tous les otages » lors de la commémoration du deuxième anniversaire de l’attaque du Hamas du 7 octobre 2023, qui a déclenché le conflit actuel ayant fait des dizaines de milliers de morts à Gaza.
Les familles des otages exercent une pression croissante sur Netanyahu, lui demandant de suspendre toute autre mesure liée à l’accord négocié par l’administration Trump jusqu’à ce que tous les corps soient restitués.
Par ailleurs, le passage de Rafah, point d’entrée crucial pour l’aide humanitaire à Gaza, devrait rouvrir dimanche, selon le ministre israélien des Affaires étrangères, Gideon Sa’ar. L’accès à Gaza reste toutefois fortement restreint. Fin août, l’ONU avait déclaré l’état de famine dans plusieurs zones de Gaza, une situation que conteste Israël. Rapport de l’ONU sur la famine à Gaza
L’agence d’aide militaire israélienne, COGAT, a précisé que la coordination avec l’Égypte était en cours pour fixer une date de réouverture du terminal de Rafah aux personnes, une fois les préparatifs terminés. COGAT a toutefois souligné que le passage ne serait pas ouvert à l’aide humanitaire, conformément aux termes de l’accord de trêve, et que tous les biens humanitaires seraient acheminés via Kerem Shalom, sous contrôle israélien, après inspection de sécurité.
Malgré l’arrivée de camions d’aide humanitaire à Gaza mercredi, la situation reste critique, avec un accès limité aux soins médicaux et la majorité des 2,2 millions d’habitants sans abri. Ismail Al-Thawabta, responsable de Gazamédia (média dirigé par le Hamas), a qualifié l’aide reçue de « goutte d’eau dans l’océan ».
Une grande partie de l’enclave densément peuplée a été dévastée par les bombardements et les frappes aériennes israéliennes, qui ont fait près de 68 000 victimes palestiniennes, selon les autorités sanitaires de Gaza.
Israël a déclaré que la prochaine phase de son plan en 20 points pour mettre fin à la guerre, élaboré par l’administration Trump, exige que le Hamas renonce à ses armes et cède le pouvoir, ce que le mouvement palestinien refuse pour l’instant. Le Hamas a plutôt intensifié sa répression dans les zones urbaines évacuées par les forces israéliennes, recourant à des exécutions publiques et à des affrontements avec des clans armés locaux.
Donald Trump a réitéré ses menaces à l’encontre du Hamas.
« Si le Hamas continue de tuer des gens à Gaza, ce qui n’était pas l’accord, nous n’aurons d’autre choix que d’entrer et de les tuer. »
Donald Trump
Il a précisé que toute intervention ne mobiliserait pas de forces américaines, mais serait menée sous les auspices des États-Unis.
Un haut responsable du Hamas a accusé Israël de violer le cessez-le-feu, affirmant que 24 personnes avaient été tuées dans des échanges de tirs depuis vendredi. Une liste de ces violations aurait été remise aux médiateurs. « L’État occupant travaille jour et nuit pour saper l’accord par ses violations sur le terrain », a-t-il déclaré.
L’armée israélienne n’a pas immédiatement réagi à ces accusations. Elle avait précédemment affirmé que certains Palestiniens avaient ignoré les avertissements de ne pas s’approcher des positions israéliennes et que ses troupes avaient « éliminé la menace ».
Les autorités sanitaires palestiniennes ont rapporté qu’au moins sept personnes avaient été tuées jeudi par des tirs israéliens dans la bande de Gaza. Des habitants ont signalé la présence de drones et d’avions de combat au-dessus du sud de Gaza, accompagnés de tirs sporadiques.
