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S&P 500 frappe 9,1%

Les récentes données économiques américaines présentent un tableau contrasté : si les bénéfices des entreprises affichent une croissance surprenante, les chiffres de l'emploi et les indicateurs économiques plus larges suggèrent un ralentissement qui pourrait peser sur les marchés…

S&P 500 frappe 9,1%

Les récentes données économiques américaines présentent un tableau contrasté : si les bénéfices des entreprises affichent une croissance surprenante, les chiffres de l’emploi et les indicateurs économiques plus larges suggèrent un ralentissement qui pourrait peser sur les marchés dans les mois à venir.

Le rapport sur l’emploi de juillet a déçu, avec seulement 73 000 nouveaux emplois créés, un chiffre bien inférieur aux attentes. De plus, les données de mai et juin ont été revues à la baisse de 258 000 emplois au total. Cette révision a ramené la moyenne des créations d’emplois sur les douze derniers mois à son niveau le plus bas depuis le début de la pandémie de Covid-19. La quasi-totalité des emplois créés en juillet proviennent du secteur de la santé.

Par ailleurs, environ 70 % de l’économie américaine affiche des signes de faiblesse pour 2025. Ces éléments, combinés, soulignent un ralentissement économique sous-jacent que certains experts avaient jusqu’à présent minimisé.

Cependant, la saison des résultats du deuxième trimestre a été particulièrement positive. Sur les 17 grandes entreprises (capitalisation boursière supérieure à 200 milliards de dollars américains) ayant publié leurs résultats cette semaine, 15 ont dépassé les attentes des analystes en termes de bénéfices, soit un taux de 94 %. Boeing (NYSE:) a également fait mieux que prévu, mais ses résultats sont restés négatifs et a donc été exclu du calcul. Seize des 17 entreprises ont également dépassé leurs prévisions de chiffre d’affaires, en moyenne de 2,4 %.

Cette performance a permis d’augmenter la croissance des bénéfices du S&P 500 pour le deuxième trimestre, passant de 7,7 % à 11,2 %. La croissance des ventes est également passée de 4,5 % à 5,6 %.

Le mois de juillet a traditionnellement été une période favorable sur les marchés financiers, et cette année n’a pas dérogé à la règle, avec une performance positive pour la onzième année consécutive. Cependant, les prochains mois s’annoncent plus difficiles, avec une période saisonnière plus faible d’août à octobre, qui affiche des rendements positifs environ 50 % du temps, avec des rendements moyens faibles.

Sur le marché obligataire, le dollar américain a brièvement rebondi avant de reculer suite à l’annonce de nouvelles taxes douanières et à la publication des données économiques décevantes. Le taux des obligations d’État à 10 ans reste bloqué dans une fourchette étroite, évoluant près de sa limite inférieure.

Malgré le ralentissement économique, la croissance des bénéfices reste étonnamment forte. Les analystes prévoyaient une croissance du bénéfice par action (BPA) d’environ 5 % au deuxième trimestre, mais ce chiffre a atteint 11,2 % avec environ 66 % des entreprises ayant déjà publié leurs résultats.

Néanmoins, il existe une limite à la capacité du marché à ignorer les signaux de faiblesse économique, surtout avec des ratios cours/bénéfices (PE) élevés, oscillant entre 22 et 25, et une prime de risque de capital négative. Un repli du marché dans les prochains mois pourrait créer des opportunités intéressantes en fin d’année. Historiquement, le rendement annuel moyen des marchés boursiers depuis 1958 est de 9,1 %, mais il atteint 17 % pendant les années de reprise.

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À propos de l’auteur: Amélie Bernard

Amélie Bernard traite l’économie, les entreprises, les marchés et les transformations du travail. Son approche relie les chiffres, les décisions publiques et leurs effets dans la vie quotidienne.