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S&P 500 : la pression sur les valorisations augmente, mais des bénéfices records maintiennent la tendance haussière intacte

by Amélie Bernard

Après une période de croissance soutenue, les marchés boursiers montrent des signes de ralentissement, notamment avec un tassement de la dynamique observée depuis avril dernier. Si l’indice S&P 500 a atteint un record historique fin octobre, les perspectives d’atteindre de nouveaux sommets à court terme s’éloignent, malgré une performance globale toujours solide.

L’indice S&P 500 a culminé à 6 890,59 points le 29 octobre, se rapprochant suffisamment de l’objectif initial de 7 000 points pour être considéré comme atteint, a posteriori. Cependant, les analystes anticipent désormais que le seuil des 7 000 points ne sera franchi qu’au début de l’année prochaine, tout en maintenant un objectif de 7 700 points d’ici la fin de l’année prochaine.

Ce changement de tendance s’explique en partie par un refroidissement de l’engouement autour de l’intelligence artificielle (IA), sans pour autant que la bulle n’éclate. Ce ralentissement est perçu comme un facteur positif pour la pérennité du marché haussier actuel, qui a débuté le 12 octobre 2022.

L’indice S&P 500, mesuré de manière équipondérée, est revenu à sa moyenne mobile sur 200 jours, un niveau que les experts ne prévoient pas de voir dépassé. L’indice pondéré en fonction de la capitalisation boursière se situe encore 7,2 % au-dessus de sa moyenne mobile sur 200 jours, un seuil que les analystes estiment peu susceptible d’être testé. La performance depuis le début de l’année reste positive, avec une hausse de 15,3 %, comparable à la moyenne observée sur les dix dernières années.

Un repli plus important, se traduisant par une correction de 10 à 20 % par rapport aux sommets récents, n’est pas exclu. La confiance des investisseurs dans la capacité à anticiper les évolutions du marché, notamment en ce qui concerne les achats de puces GPU par les grandes entreprises technologiques, s’est amoindrie. En conséquence, le ratio cours/bénéfices futur des sept grandes entreprises technologiques (le « Magnificent-7 ») est passé de 31,0 à 28,1 depuis fin octobre, et pourrait encore diminuer.

La récente baisse du prix du bitcoin contribue également à la faiblesse actuelle du marché boursier. Les investisseurs détenant des bitcoins sont souvent également présents sur le marché actions, et les ventes de panique liées à la cryptomonnaie pourraient entraîner un rebond du marché dans les semaines à venir, préparant ainsi le terrain pour une reprise de fin d’année.

Malgré les inquiétudes concernant les valorisations, la solidité des bénéfices des entreprises du S&P 500 devrait compenser ces préoccupations à court terme. Au cours des trois derniers trimestres, la croissance des bénéfices a été environ deux fois supérieure aux estimations des analystes. Les prévisions de bénéfices pour le S&P 500 continuent d’atteindre des niveaux records, et devraient converger vers l’estimation consensuelle de 309,28 $ (environ 286 €) d’ici la fin de l’année, un chiffre proche des prévisions pour 2026.

Certains observateurs soulignent que la performance positive du marché cette année est largement due aux résultats solides du « Magnificent-7 », dont la capitalisation boursière représente une part disproportionnée de l’indice. Ces entreprises ont amélioré leurs bénéfices en étalant la dépréciation de leurs puces GPU sur une période plus longue (quatre à six ans) que ce qui serait considéré comme approprié (un à trois ans).

Une autre source d’inquiétude concerne la durée de vie des GPU, qui pourrait être plus courte que celle des autres types de puces, en raison de l’introduction rapide de nouvelles versions plus performantes. Cette question reste controversée et constitue une incertitude importante.

Cependant, les bénéfices des 493 autres entreprises composant le S&P 500 (le « Impressionnant-493 ») augmentent également rapidement, atteignant des niveaux records. Cette tendance positive est un facteur favorable pour le marché.

Les prévisions de bénéfices pour les entreprises de moyenne et petite capitalisation (S&P 400 MidCaps et S&P 600 SmallCaps) sont moins encourageantes. De nombreuses entreprises prometteuses de ce segment sont rachetées par de grandes entreprises avant ou après leur introduction en bourse, ce qui limite leur potentiel de croissance à long terme.

Les analystes restent confiants dans la résilience de l’économie, soutenue par la solidité des bénéfices des entreprises. Les enquêtes régionales auprès des entreprises suggèrent également un possible rebond de l’indice national au-dessus de 50,0 ce mois-ci.

Par ailleurs, les responsables de la Réserve fédérale américaine (Fed) ont publiquement débattu de l’opportunité de baisser les taux d’intérêt lors de la réunion du FOMC des 9 et 10 décembre. Les partisans d’une baisse des taux s’inquiètent de la hausse du chômage, tandis que les faucons craignent que la Fed ne reste au-dessus de son objectif d’inflation de 2,0 % sur un an. Les anticipations inflationnistes restent élevées.

Au cours de la semaine dernière, le S&P 500 a connu une rotation des investissements, avec une préférence pour les secteurs de la santé et de la consommation discrétionnaire, au détriment des secteurs de la technologie de l’information et des biens de consommation de base. Les analystes recommandent de surpondérer les actions du secteur de la santé et de réduire leur exposition aux secteurs de la technologie et des biens de consommation.

Le tableau ci-dessous présente les performances des 11 secteurs et de plus de 100 industries du S&P 500 au cours de la semaine écoulée.

Les marchés boursiers étrangers ont également été difficiles la semaine dernière.

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