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Suisse : services en croissance, industrie stagnante

by Amélie Bernard
Le moteur de croissance se déplace vers les services

L’Office fédéral de la statistique (OFS) indique que le marché du travail suisse a atteint 5,54 millions d’emplois au premier trimestre 2025, soit une hausse de 0,5 % sur un an. Malgré une légère accalmie de la pénurie de main-d’œuvre, les entreprises signalent encore 98 200 postes vacants.

Le moteur de croissance se déplace vers les services

Le marché de l’emploi en Suisse montre des signes de résilience, bien que la progression soit inégale selon les secteurs d’activité. Selon les données publiées par l’Office fédéral de la statistique (OFS), le volume global de l’emploi a progressé de manière ténue, mais la structure de cette croissance est révélatrice d’une mutation économique.

Le moteur de croissance se déplace vers les services
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Alors que le secteur secondaire, regroupant l’industrie et la construction, stagne avec une progression quasi nulle de 0,1 % pour atteindre 1,13 million d’emplois, c’est le secteur tertiaire qui porte la dynamique. Les services ont enregistré une hausse de 0,6 %, portant leur effectif à 4,41 millions de postes.

Au sein du secteur secondaire, cette quasi-stagnation cache des dynamiques divergentes : si l’industrie manufacturière maintient une stabilité relative, le secteur de la construction montre des signes de ralentissement plus marqués. À l’opposé, la croissance du tertiaire est principalement alimentée par les services professionnels, les activités de santé et les services publics, qui absorbent la majeure partie des nouvelles créations de postes sur le territoire national.

Cette divergence souligne une économie de plus en plus axée sur les services, tandis que l’industrie peine à générer de nouveaux volumes d’emplois. En termes d’équivalent plein temps, le volume est resté stable, s’établissant à 4,32 millions de postes, soit une légère augmentation de 0,3 % sur un an.

La répartition du travail et les disparités de genre

La composition démographique du marché suisse révèle des tendances structurelles persistantes, notamment en ce qui concerne la participation des femmes et la nature des contrats. Les femmes occupent actuellement 46,8 % des postes totaux dans le pays.

La répartition du travail et les disparités de genre
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Toutefois, une analyse plus fine de la flexibilité du travail montre une spécialisation de genre marquée dans l’emploi partiel. Le marché compte 2,3 millions de postes à temps partiel, et une écrasante majorité de ces rôles est occupée par des femmes :

Déclin industriel : pourquoi la dernière verrerie suisse ferme-t-elle ses portes ? | RTS
  • Nombre total d’emplois à temps partiel : 2,3 millions
  • Part des femmes dans le temps partiel : 69,3 %
  • Part des femmes dans les équivalents plein temps : 40,8 %

Cette prédominance du temps partiel féminin est particulièrement concentrée dans des domaines tels que la santé, les services sociaux, l’enseignement et le commerce de détail. L’écart observé entre la part des femmes dans l’emploi total (46,8 %) et leur part dans les équivalents plein temps (40,8 %) met en évidence une structure de travail où l’activité féminine est davantage segmentée par des contrats à temps réduit, influençant la répartition de la charge de travail globale.

Cet écart entre la présence globale des femmes dans l’emploi et leur concentration dans les contrats à temps partiel souligne la persistance de modèles de travail différenciés qui pourraient influencer la cohésion sociale à long terme.

Un ralentissement de la tension sur le recrutement

Un point de bascule apparaît dans la difficulté des entreprises à trouver de la main-d’œuvre. La pénurie de spécialistes semble amorcer un léger reflux, bien que la pression reste significative.

L’OFS a enregistré une baisse de 2 points de pourcentage de la proportion d’entreprises rencontrant des difficultés de recrutement, ce chiffre tombant à 34,3 %. Cette amélioration est principalement portée par le secteur des services, qui a vu sa difficulté de recrutement reculer de 2,4 points, contrairement au secteur secondaire qui n’a fléchi que de 0,5 point.

Un ralentissement de la tension sur le recrutement
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Le recul de la difficulté de recrutement dans les services est principalement attribuable à une plus grande disponibilité de candidats pour les fonctions administratives et de support. En revanche, le secteur secondaire, avec un recul limité à 0,5 point, demeure confronté à une pénurie persistante de profils techniques et de métiers spécialisés de l’artisanat. L’augmentation de 5,0 % des postes vacants, portant le total à 98 200, confirme que le rythme de remplacement des départs et de l’expansion des capacités reste soutenu, couvrant 1,7 % de la masse salariale totale.

Malgré cette accalmie relative, la demande de talents demeure élevée. Les entreprises ont annoncé 98 200 postes vacants au cours du premier trimestre, ce qui représente une augmentation de 5,0 % sur un an et couvre 1,7 % du volume total de l’emploi en Suisse.

L’évolution des intentions de recrutement pour l’avenir

Les indicateurs de prévision pour les mois à venir suggèrent un climat de confiance global parmi les employeurs. L’indicateur des prévisions d’évolution de l’emploi a progressé de 0,8 %, atteignant 1,03 point.

Les entreprises qui prévoient d’augmenter leurs effectifs représentent désormais 11,0 % de l’emploi total, contre 10,1 % au trimestre précédent. Ce passage à 11,0 % signale une stabilisation de la confiance économique. À l’inverse, la prudence est également de mise pour une minorité d’acteurs : 4,8 % des entreprises anticipent des coupes dans leur masse salariale, une légère baisse par rapport aux 5,2 % du trimestre précédent, reflétant une gestion prudente des coûts opérationnels dans certains segments de l’économie.

Ce mélange d’expansion prévue et de prudence sélective laisse entrevoir une phase de transition où la croissance sera dictée par la capacité des entreprises à absorber ces nouveaux besoins, particulièrement dans un environnement où le secteur tertiaire continue de dominer la création d’emplois.

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