Publié le 8 décembre 2025 à 08h29. Des accusations mutuelles de comportements dangereux ont éclaté entre Tokyo et Pékin après qu’un avion de combat chinois a apparemment pointé son radar vers des appareils japonais, ravivant les tensions régionales.
- Le Japon affirme qu’un J-15 chinois a « illuminé par intermittence » des F-15 japonais.
- La Chine accuse le Japon de surveiller de près ses activités militaires.
- Des experts estiment que cet incident, bien que préoccupant, ne devrait pas dégénérer en conflit majeur.
Les relations sino-japonaises sont à nouveau tendues après un incident survenu près d’Okinawa ce week-end. Le Japon a accusé un avion de combat J-15 chinois, décollant du porte-avions Liaoning, d’avoir dirigé son radar vers deux de ses F-15 alors qu’ils se rapprochaient pour vérifier d’éventuelles incursions dans son espace aérien. Un tel « éclairage radar » est considéré comme un acte potentiellement agressif, pouvant précéder le lancement d’un missile.
Le secrétaire en chef du cabinet japonais, Minoru Kihara, a dénoncé cet acte comme étant « dangereux » et allant « au-delà de ce qui est nécessaire pour assurer la sécurité du vol des avions ».
« Cet éclairage radar est un acte dangereux qui va au-delà de ce qui est nécessaire pour assurer la sécurité du vol des avions. »
Minoru Kihara, secrétaire en chef du cabinet japonais
Il a qualifié l’incident d’« extrêmement regrettable » et a annoncé le dépôt d’une protestation formelle auprès de Pékin.
La Chine a répliqué en reprochant aux forces japonaises leurs fréquentes missions de reconnaissance à proximité de ses activités militaires. Dans un communiqué publié dimanche, le ministère chinois des Affaires étrangères a affirmé que le Japon avait été « rejeté sur-le-champ » et que des contre-protestations avaient été déposées à Pékin et à Tokyo.
Cet incident intervient dans un contexte de tensions croissantes entre les deux pays, notamment suite aux déclarations du Premier ministre japonais Sanae Takaichi le mois dernier, suggérant qu’une agression chinoise contre Taïwan pourrait entraîner une intervention militaire japonaise.
Selon Paul Midford, professeur d’études internationales à l’Université Meiji Gakuin de Tokyo, l’incident n’est pas aussi grave que le présentent les deux parties. Il estime qu’il pourrait s’agir d’un signal politique intentionnel, d’une erreur ou d’une application stricte des procédures opérationnelles standard du porte-avions chinois. Il rappelle un incident similaire survenu en 2013, impliquant un navire de la marine chinoise et un destroyer japonais en mer de Chine orientale, qui avait également été contesté par Pékin.
Benjamin Blandin, chercheur au Conseil de Yokosuka pour les études sur l’Asie-Pacifique, souligne que la Chine a l’habitude d’adopter des comportements imprudents sans en subir de conséquences majeures. Il décrit une « grande anxiété stratégique et une fragilité » dans les réponses chinoises.
Ni Blandin ni Midford ne s’attendent à une réaction significative de la part des États-Unis. Les ministères japonais de la Défense, les forces américaines au Japon et le commandement américain pour l’Indo-Pacifique n’ont pas immédiatement répondu aux demandes de commentaires.
Selon Midford, l’administration américaine, sous la direction de Donald Trump, souhaiterait apaiser les tensions. Il rapporte que Trump aurait demandé au Premier ministre Takaichi d’éviter de nouvelles déclarations susceptibles d’aggraver les relations sino-japonaises, espérant ainsi minimiser l’impact de cet incident.
