Le président Trump a esquissé mardi une vision controversée de l’implication de l’armée américaine sur le territoire national, allant jusqu’à proposer d’utiliser des villes comme terrains d’entraînement militaire et dénonçant une « invasion intérieure ». Cette annonce intervient après une réunion surprise de hauts responsables militaires convoqués à la base de Quantico, en Virginie.
À retenir
- Le président Trump a suggéré d’utiliser des villes américaines, notamment Portland (Oregon), comme zones d’entraînement pour les forces armées.
- Le secrétaire à la Défense, Pete Hegseth, a annoncé la fin de la culture dite « woke » au sein de l’armée et l’instauration de nouvelles normes physiques « neutres en termes de genre ».
- Cette initiative suscite des inquiétudes quant au respect de la loi Posse Comitatus, qui limite l’intervention de l’armée dans les affaires intérieures.
Contexte
Lors de cette réunion à Quantico, le président Trump a exprimé sa préoccupation face à la situation dans certaines villes américaines, qu’il a qualifiées de « dangereuses » et assimilées à des « zones de guerre ». Il a notamment cité Portland, dirigée par des élus démocrates, et a annoncé son intention d’y déployer des troupes, malgré l’opposition de la gouverneure de l’Oregon, Tina Kotek, et des autorités locales.
« Nous sommes sous l’invasion de l’intérieur. Ce n’est pas différent d’un ennemi étranger, mais c’est plus difficile à bien des égards parce qu’ils ne portent pas d’uniformes », a déclaré le président Trump.
Pete Hegseth, le secrétaire à la Défense, a quant à lui dénoncé une armée « paralysée » par des politiques jugées trop permissives et a appelé les officiers supérieurs qui ne partagent pas sa vision à démissionner. Il a également annoncé de nouvelles directives axées sur des normes physiques « non sexistes » ou « au niveau masculin ».
Ce qui change
Les annonces de l’administration Trump marquent un tournant dans la politique de défense, avec une volonté affichée de mobiliser l’armée pour des missions intérieures, notamment la lutte contre les troubles et la criminalité. Les nouvelles directives de Pete Hegseth pourraient entraîner des changements significatifs dans les critères de sélection et d’évaluation des militaires, ainsi que dans les règles disciplinaires.
Le sénateur Jack Reed, membre du Comité des services armés du Sénat, a dénoncé une « coûteuse et risquée » remise en question de la direction militaire, qualifiant l’ultimatum lancé par M. Hegseth de « profondément dangereux ».
Le président Trump a également évoqué des opérations militaires dans l’hémisphère occidental, se vantant d’avoir ordonné des frappes contre des navires ciblant des trafiquants de drogue dans les Caraïbes.
Prochaines étapes
Il faudra surveiller de près les prochaines décisions de l’administration Trump concernant le déploiement de troupes sur le territoire américain et l’application des nouvelles directives de Pete Hegseth. La réaction des militaires et des élus démocrates sera également déterminante. La question du respect de la loi Posse Comitatus, qui encadre strictement l’intervention de l’armée dans les affaires intérieures, restera au cœur des débats.
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