Publié le 18 octobre 2025 à 08h25. Donald Trump se positionne comme un médiateur potentiel dans les conflits à Gaza et en Ukraine, estimant qu’il peut capitaliser sur des accords récents et des rencontres diplomatiques à venir pour parvenir à des solutions.
- Donald Trump affirme avoir créé une dynamique positive avec l’accord de cessez-le-feu à Gaza et espère l’étendre à la guerre en Ukraine.
- Il prévoit une rencontre avec Vladimir Poutine en Hongrie, tout en reconnaissant la possibilité que le président russe cherche à gagner du temps.
- L’Ukraine espère obtenir des missiles Tomahawk des États-Unis en échange de drones, une proposition qui inquiète Moscou.
Donald Trump a exprimé sa conviction vendredi qu’il peut poursuivre sur sa lancée diplomatique, après l’accord de cessez-le-feu conclu entre Israël et le Hamas dans la bande de Gaza. Il estime que cet accord lui confère une crédibilité accrue pour tenter de résoudre le conflit en Ukraine.
« Je pense que nous avons beaucoup d’élan, beaucoup de crédibilité », a déclaré l’ancien président américain. « Mettre fin au conflit au Moyen-Orient était très important. Personne ne pensait que cela était possible. » Il a ajouté : « Nous l’avons fait assez rapidement, après avoir préparé le terrain correctement. Il fallait mettre la table correctement. Je pense que maintenant la table est également bien mise. Ce sera un grand honneur de l’obtenir. »
Trump a révélé qu’il espère rencontrer Vladimir Poutine en Hongrie, mais a admis que le président russe pourrait chercher à gagner du temps dans les négociations. « Oui », a-t-il répondu lorsqu’on lui a demandé s’il craignait que Poutine ne gagne du temps. « Les meilleurs m’ont joué des tours toute ma vie et je m’en suis très bien sorti. » Il a néanmoins affirmé : « Je pense qu’il veut conclure un accord. »
Selon Trump, Volodymyr Zelensky et Vladimir Poutine seraient tous deux prêts à mettre fin à la guerre, mais l’animosité personnelle entre les deux dirigeants entrave le processus. « Je pense que le président Zelensky veut que cela soit fait et je pense que le président Poutine veut que cela soit fait », a-t-il déclaré. « Maintenant, il ne leur reste plus qu’à s’entendre un peu. »
Volodymyr Zelensky a, pour sa part, réaffirmé son scepticisme quant à la volonté de Poutine de négocier la paix.
« Je suis sûr qu’avec votre aide, nous pouvons arrêter cette guerre. Je pense que c’est l’impulsion nécessaire pour mettre fin à la guerre de la Russie contre l’Ukraine. »
Volodymyr Zelensky, président ukrainien
Après une réunion à la Maison Blanche, Zelensky a eu un appel téléphonique avec plusieurs partenaires stratégiques de l’Ukraine, dont la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, le président du Conseil européen, António Costa, ainsi que les dirigeants de la Finlande, de la Norvège, du Royaume-Uni et de l’Italie. Il a également mentionné la présence de Mark Rutte, membre de l’OTAN.
Zelensky a reconnu que la question des territoires ukrainiens occupés reste le point le plus « délicat et difficile » des négociations.
Des Tomahawk américains contre des drones ukrainiens ?
La livraison potentielle de missiles Tomahawk à l’Ukraine, évoquée lors de la réunion à la Maison Blanche, est au cœur des discussions. Trump a exprimé l’espoir que ces armes ne seront pas nécessaires pour parvenir à la paix.
« J’espère que nous pourrons mettre fin à la guerre sans penser aux Tomahawks. »
Donald Trump, ancien président américain
Il a souligné que les États-Unis ont besoin de leurs propres armements.
Zelensky a répondu en suggérant un échange : l’Ukraine pourrait fournir des milliers de drones en échange des missiles américains.
« Les États-Unis possèdent des Tomahawks et d’autres missiles très puissants, mais ils peuvent aussi utiliser nos milliers de drones. C’est là que nous pouvons travailler ensemble. »
Volodymyr Zelensky, président ukrainien
Trump a confirmé l’intérêt de Washington pour les drones ukrainiens, soulignant leur qualité.
La perspective de livrer des Tomahawk à l’Ukraine a suscité des inquiétudes à Moscou. Le Kremlin a déclaré que cette situation était source d’une « extrême inquiétude », qualifiant la situation de « moment dramatique » en raison de l’escalade des tensions.
Avant son voyage aux États-Unis, Zelensky avait évoqué un « Mega Deal » portant sur l’achat d’armes américaines et un accord pour la vente de drones ukrainiens. L’accord initialement envisagé s’élèverait à environ 77 milliards d’euros. Zelensky a estimé en juin que l’Ukraine avait la capacité de produire 8 millions de drones par an, mais manque de financement.
Prochaine rencontre en Hongrie
Donald Trump a annoncé que sa prochaine rencontre avec Vladimir Poutine se tiendra à Budapest, en Hongrie, en présence uniquement des deux dirigeants, bien que les États-Unis resteront en contact avec Volodymyr Zelensky. Il a reconnu l’existence de fortes tensions entre les deux présidents.
Zelensky a affirmé que Poutine le « déteste », expliquant ainsi son refus de le rencontrer. Interrogé sur ses propres sentiments envers Poutine, il a répondu : « Ils essaient de nous tuer. Ce serait étrange s’il avait une attitude différente envers cette personne. » Il a réitéré sa volonté de rencontrer Poutine dans n’importe quel format.
Poutine n’a accepté de rencontrer Donald Trump qu’à la suite d’un sommet en Alaska en août. Trump a déclaré qu’il pourrait organiser une rencontre bilatérale entre Zelensky et Poutine, mais la position du Kremlin n’a pas évolué depuis.
Concernant le choix de la Hongrie comme lieu de rencontre, Trump a souligné que c’est un « pays sûr » et qu’il apprécie son dirigeant, Viktor Orbán. Viktor Orbán, a-t-il déclaré, est un « très bon leader » qui a su diriger son pays avec succès.
La Hongrie avait proposé d’accueillir une réunion trilatérale impliquant Trump, Zelensky et Poutine plus tôt cet été, aux côtés de l’Autriche, de la Suisse et du Vatican. Le mandat d’arrêt émis par la Cour pénale internationale (CPI) contre Poutine pour l’enlèvement d’enfants ukrainiens complique le choix du lieu, car il risque d’être arrêté dans l’un des 125 États membres de la Cour s’il y met le pied.
La Hongrie a annoncé son intention de se retirer de la CPI en réponse au mandat d’arrêt contre le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, une décision contestée par les États-Unis. Cependant, ce retrait ne sera effectif qu’en juin 2026.
À ne pas manquer
- Varsen Aghabekian Shahin Dénonce le Projet Colonial Israélien
- États-Unis : la caution de visa jusqu’à 20 000 dollars devient permanente
- EN DIRECT, guerre au Moyen-Orient : Donald Trump assure retenir des frappes contre l’Iran à la demande de Téhéran, dans l’attente d’un accord rapide (lederniereheure.com)
