Home AffairesTrump veut plafonner les taux d’intérêt des cartes de crédit à 10 % sur un an

Trump veut plafonner les taux d’intérêt des cartes de crédit à 10 % sur un an

by Amélie Bernard

Publié le 10 janvier 2026 à 12h02. L’ancien président américain Donald Trump a annoncé son intention de plafonner les taux d’intérêt des cartes de crédit à 10 % à partir du 20 janvier, une promesse de campagne relancée qui suscite des doutes quant à sa faisabilité sans l’approbation du Congrès.

  • Donald Trump réaffirme sa volonté de limiter les taux d’intérêt des cartes de crédit à 10 % par an.
  • Cette annonce intervient sans détails sur la mise en œuvre ni sur les moyens de contraindre les institutions financières à s’y conformer.
  • Des législateurs des deux partis politiques, ainsi que des experts, soulignent la nécessité d’une action législative pour que cette mesure devienne effective.

Donald Trump a réitéré vendredi son engagement à plafonner les taux d’intérêt des cartes de crédit à 10 % à compter du 20 janvier. Cette promesse, déjà formulée lors de la campagne présidentielle de 2024, n’avait alors pas convaincu les analystes, qui estimaient qu’une telle mesure nécessiterait l’aval du Congrès. L’ancien président n’a pas précisé comment il entendrait mettre en œuvre ce plafonnement ni comment il compte imposer le respect de cette règle aux sociétés émettrices de cartes de crédit.

L’annonce a suscité des réactions mitigées. Plusieurs législateurs, tant démocrates que républicains, ont exprimé leur préoccupation face aux taux d’intérêt élevés pratiqués par les compagnies de cartes de crédit et ont appelé à une solution. Cependant, la majorité républicaine, bien que mince, au Sénat et à la Chambre des représentants, ne garantit pas l’adoption d’une telle mesure.

Des initiatives législatives visant à plafonner les taux d’intérêt ont déjà été proposées au Congrès, mais aucune n’a pour l’instant été adoptée. Durant son premier mandat, Donald Trump n’avait pas apporté de soutien explicite à un projet de loi spécifique dans ce domaine.

L’opposition n’a pas tardé à critiquer l’ancien président, l’accusant de ne pas tenir ses promesses électorales. La sénatrice Elizabeth Warren, démocrate membre de la commission bancaire du Sénat, a estimé que l’appel de Donald Trump était dénué de sens sans l’adoption d’une loi.

« Supplier les sociétés de cartes de crédit de jouer gentiment est une plaisanterie. Si M. Trump était sérieux, j’aurais travaillé à faire adopter un projet de loi visant à plafonner les taux »

Elizabeth Warren, sénatrice américaine

Elle a également dénoncé les tentatives de l’administration Trump de démanteler le Bureau de protection financière des consommateurs (CFPB).

La Maison Blanche s’est contentée d’annoncer sur les réseaux sociaux que le président plafonnait les tarifs, sans fournir de détails supplémentaires.

Les grandes banques américaines et les émetteurs de cartes de crédit, tels que American Express, Capital One Financier, JPMorgan Chase, Citigroup et Bank of America, n’ont pas répondu aux sollicitations des médias.

Plusieurs groupes de défense du secteur bancaire ont publié une déclaration commune, avertissant qu’un plafonnement des taux à 10 % « réduirait la disponibilité du crédit » et « pousserait les consommateurs vers des alternatives moins réglementées et plus coûteuses ». Ces organisations incluent la Consumer Bankers Association, le Bank Policy Institute, l’American Bankers Association, le Financial Services Forum et l’Independent Community Bankers of America.

Parallèlement, le sénateur Bernie Sanders, indépendant du Vermont, et le sénateur Josh Hawley, républicain du Missouri, ont déjà présenté un projet de loi bipartite visant à plafonner les taux d’intérêt des cartes de crédit à 10 % pendant cinq ans. La représentante Alexandria Ocasio-Cortez, démocrate de New York, et la représentante Anna Paulina Luna, républicaine de Floride, ont également déposé un projet de loi similaire à la Chambre des représentants, témoignant d’un intérêt bipartisan pour cette question.

Le gestionnaire de fonds milliardaire Bill Ackman, qui avait soutenu Donald Trump lors des dernières élections, a qualifié l’annonce présidentielle d’« erreur » sur le réseau social X.

Il est à noter que l’administration Trump avait l’année précédente renoncé à une règle visant à limiter les frais de retard sur les cartes de crédit, une règle mise en place sous l’administration Joe Biden. L’administration Trump avait demandé à un tribunal fédéral d’abroger cette réglementation, arguant qu’elle était illégale, mais sa demande avait été rejetée par un juge fédéral.

You may also like

Leave a Comment

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.