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Un ancien militaire chaviste révèle les relations entre l’ETA et les FARC

by Nicolas Lefèvre

Publié le 30 novembre 2025 16:22:00. Un ancien soldat vénézuélien, témoin clé des liens présumés entre l’ETA et les FARC, se rendra en Espagne pour témoigner après avoir été contraint à la retraite pour avoir dénoncé ces connexions au sein de l’armée chaviste.

  • Milton Gerardo Revilla, ancien membre des forces spéciales vénézuéliennes, affirme avoir des preuves de la formation de guérilleros colombiens par des membres de l’ETA au Venezuela.
  • Il accuse d’anciens responsables chavistes, dont Hugo Carvajal Barrios, d’avoir étouffé son enquête et de l’avoir persécuté.
  • L’association de victimes du terrorisme Dignité et Justice (DyJ) soutient sa démarche pour rouvrir une enquête judiciaire sur ces liens.

Un ancien militaire vénézuélien, Milton Gerardo Revilla, se prépare à révéler des informations sensibles sur les liens entre l’organisation terroriste basque ETA et les Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC). Selon des documents consultés par ABC, Revilla, contraint à la retraite de l’armée vénézuélienne après avoir soulevé des questions sur ces connexions, se rendra en Espagne entre le 3 et le 11 décembre pour témoigner.

L’affaire remonte aux années 2000, lorsque Revilla, alors membre des forces spéciales, a enquêté sur l’entrée de membres de l’ETA au Venezuela. Il affirme avoir constaté que ces derniers participaient à des échanges de formation avec des guérilleros colombiens, notamment en matière de préparation et d’utilisation d’explosifs et de techniques de terrorisme urbain. Il a notamment enregistré le passage de José Arturo Cubillas Fontán et Joania Chaos, des membres de l’ETA, entre octobre et novembre 2000.

Revilla a déposé une plainte devant le Tribunal Central d’Instruction 6 en mars 2022, proposant de témoigner sur ses découvertes. Cependant, selon l’association de victimes du terrorisme Dignité et Justice (DyJ), présidée par Daniel Portero, le parquet s’est opposé à la réouverture de l’enquête. DyJ soutient que Revilla est une “preuve vivante” que des membres de l’ETA ont formé les FARC à la fabrication de bombes.

L’ancien soldat accuse d’anciens responsables chavistes d’avoir étouffé son enquête. Il désigne notamment Hugo Carvajal Barrios, ancien chef des renseignements vénézuéliens, actuellement détenu aux États-Unis pour trafic de drogue et d’armes, comme l’un des principaux responsables de sa “retraite forcée”. Revilla affirme que Carvajal Barrios a ordonné son retrait après qu’il ait dénoncé les faits.

Selon Revilla, les membres de l’ETA et de la guérilla colombienne bénéficiaient d’un système d’identification fourni par des responsables vénézuéliens afin d’éviter les contrôles des autorités chavistes et de dissimuler leur identité aux forces de sécurité colombiennes. Il affirme avoir informé les autorités vénézuéliennes de ces activités dès 2002, en contactant le ministère de l’Intérieur, la Défense et même la Présidence de la République, mais que les dossiers ont été placés sous la garde de la DGCIM (Direction Générale contre le Renseignement Militaire) en raison des liens entre les forces armées vénézuéliennes, le Secrétariat des FARC et le gouvernement du Venezuela.

Revilla a également affirmé que certains membres de l’ETA, dont José Arturo Cubillas Fontán, Goizeder Odraizola, Azier Guridi Zaloña, Ignacio Echeverria Landazabal et Iñaki de Juana Chaos, travaillaient directement avec Elías Jaua Milano, un fonctionnaire du Secrétariat de la Présidence, avec le statut d’« agent spécial », ce qui les exemptait de toute action policière ou judiciaire. Il précise que ces individus effectuaient régulièrement des voyages à Cuba.

En 2011, Revilla avait le statut de témoin protégé dans le cadre d’une enquête du Tribunal National sur les relations entre l’ETA et les FARC. Il a alors tenté d’obtenir le soutien de l’ambassade d’Espagne à Caracas pour témoigner devant un tribunal espagnol, mais sa demande a été rejetée et il a été contraint de quitter les locaux de l’ambassade. Par la suite, il a été, selon ses dires, persécuté et torturé au Venezuela sur ordre de Hugo Carvajal Barrios.

Revilla a déposé une plainte auprès de la Commission interaméricaine des droits de l’homme, une affaire toujours en cours. Il espère désormais pouvoir témoigner en Espagne, fort du témoignage de Carvajal Barrios entre les mains des autorités américaines.

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