Publié le 2024-02-29 14:35:00. Malgré les avancées médicales, le Portugal peine à réduire significativement le nombre de nouveaux diagnostics de VIH, se positionnant défavorablement par rapport à la moyenne européenne. Un meilleur accès aux soins, un dépistage plus rapide et une prévention renforcée sont essentiels pour inverser cette tendance.
- Plus de 50 % des diagnostics de VIH au Portugal sont posés tardivement, et un diagnostic sur cinq survient au stade du sida.
- Une étude révèle que 56 % des personnes vivant avec le VIH ne sont pas pleinement satisfaites de leur traitement, mais un suivi clinique rapproché pourrait améliorer cette situation.
- Des délais d’accès à la prophylaxie pré-exposition (PrEP) inacceptables persistent, notamment à Lisbonne, où une première consultation peut prendre plus d’un an.
Les progrès scientifiques ont transformé le VIH en une maladie chronique gérable, permettant aux personnes séropositives de vivre une vie longue et saine sans risque de transmission. Grâce aux thérapies antirétrovirales, la charge virale peut être réduite à un niveau indétectable, rendant le virus cliniquement inactif – un principe résumé par le slogan « indétectable = intransmissible ». Cette avancée majeure a profondément modifié la réponse clinique et sociale à l’infection.
Cependant, des obstacles importants persistent, notamment en matière de prévention et d’accès aux soins. Selon une analyse récente de ViiV Santé, une société spécialisée dans le VIH fondée par GSK et Pfizer, et dont Shionogi est actionnaire, la qualité de la relation entre les professionnels de santé et les patients a un impact direct sur l’observance thérapeutique et la satisfaction des patients. L’entreprise, qui se consacre exclusivement à la lutte contre le VIH, s’engage à développer des thérapies innovantes et à soutenir les communautés touchées.
Une enquête menée par ViiV a mis en évidence un manque de satisfaction significatif parmi les personnes vivant avec le VIH : 56 % d’entre elles ne se sentent pas pleinement satisfaites de leur traitement actuel. Pourtant, 88 % estiment qu’un suivi clinique plus étroit et une communication améliorée augmenteraient considérablement leur satisfaction. Ces résultats confirment, selon les associations qui accompagnent ces patients, l’importance d’un dialogue continu pour garantir l’adhésion au traitement et prévenir de nouvelles transmissions.
La situation au Portugal reste préoccupante. Environ 55 % des diagnostics de VIH sont posés tardivement, et un diagnostic sur cinq est effectué au stade du sida. Les experts soulignent la nécessité d’intensifier le dépistage et les tests pour identifier plus rapidement les nouvelles infections et initier un traitement précoce.
Des efforts sont en cours pour améliorer l’accès aux soins, notamment par la décentralisation du suivi des personnes vivant avec le VIH vers les soins communautaires, avec l’implication des infirmières, des médecins généralistes et des pharmacies. Cette approche vise à réduire les barrières et à accélérer la réponse préventive.
Pour renforcer la communication entre les patients et les professionnels de santé, plusieurs associations – GAT, Ser+, AHSeAS, Liga Portuguesa Contra a SIDA, Positivo et Abraço – ont lancé, avec le soutien de ViiV Santé, la campagne « Knowledge is Power ». Cette initiative propose un guide de conversation destiné à aider les patients à exprimer leurs besoins et à bénéficier d’un suivi plus personnalisé et éclairé, contribuant ainsi à une meilleure gestion clinique.
Malgré ces initiatives, des difficultés d’accès à la prévention persistent. À Lisbonne, par exemple, le délai pour obtenir une première consultation de prophylaxie pré-exposition (PrEP) peut dépasser un an, alors que le délai recommandé est de 30 jours. Ce retard compromet l’efficacité de la prévention et prolonge la période de vulnérabilité.
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