Mis à jour le 7 novembre 2025 à 15h00. Un objet interstellaire récemment entré dans notre système solaire présente un comportement déroutant, accélérant d’une manière qui défie les lois de la gravité et suscitant l’hypothèse, audacieuse, d’une possible origine artificielle.
- L’objet, baptisé 3I/ATLAS, a été détecté en juillet et se distingue par une accélération non gravitationnelle.
- Les scientifiques envisagent deux explications : une propulsion due à l’éjection de gaz et de poussières, ou la présence d’un moteur artificiel.
- Bien que son comportement intrigue, 3I/ATLAS ne représente pas de menace pour les planètes de notre système solaire.
Les astronomes sont en pleine observation d’un visiteur venu de l’extérieur de notre système solaire, l’objet interstellaire 3I/ATLAS. Découvert en juillet dernier, ce n’est que le troisième de son genre à être identifié à ce jour. Son parcours a pris une tournure inattendue à mesure qu’il se rapprochait du Soleil : il a commencé à s’éclaircir, à virer au bleu et, surtout, à accélérer d’une manière qui ne peut être expliquée par la seule force gravitationnelle.
Selon Davide Farnocchia, ingénieur au Jet Propulsion Laboratory de la NASA, 3I/ATLAS présente des signes d’une accélération non gravitationnelle. Ce phénomène, qui suggère une force autre que la gravité en action, a conduit certains à envisager des scénarios extraordinaires. Le physicien Avi Loeb, de l’université Harvard, a ainsi suggéré que cet objet pourrait être une sonde active ou un vaisseau spatial, n’excluant pas la possibilité d’une origine extraterrestre.
Cependant, Loeb tempère cette hypothèse en soulignant une explication plus naturelle. Il estime que 3I/ATLAS perd probablement de la masse en libérant d’énormes quantités de gaz et de poussières. Ce processus, comparable à celui d’une comète, générerait une poussée propulsive dans la direction opposée au jet. Les calculs suggèrent que l’objet pourrait perdre jusqu’à un dixième de son poids en un seul mois, un phénomène qui devrait être visible dans les mois à venir, avec l’éjection de nuages de gaz pouvant atteindre cinq milliards de tonnes.
Un changement de couleur intrigant
Le changement de couleur de l’objet, qui tend vers le bleu, est également source de questionnements. Loeb explique que la poussière cométaire ordinaire a plutôt tendance à rougir la lumière. Une teinte bleue pourrait donc indiquer la présence d’un moteur chaud ou d’une lumière artificielle, mais aussi la présence de monoxyde de carbone ionisé, produit par des réactions chimiques naturelles au sein du noyau de la comète. Plus d’informations sur ce changement de couleur sont disponibles ici.
Malgré ces spéculations, les scientifiques insistent sur le fait que 3I/ATLAS ne modifie pas suffisamment son orbite pour s’approcher d’une planète de notre système solaire. L’objet poursuit actuellement sa trajectoire vers l’espace lointain, où son comportement sera à nouveau observé fin novembre et fin décembre 2025.
« Qu’il s’agisse d’une comète ou d’autre chose, nous n’avons pas encore la réponse, »
Avi Loeb, physicien à Harvard
« Mais si nous observons un artefact extraterrestre, il vient de nous dépasser. »
Avi Loeb, physicien à Harvard
L’étude de 3I/ATLAS représente une opportunité unique pour les scientifiques d’en apprendre davantage sur les objets interstellaires et les processus qui régissent leur comportement. Les observations futures permettront d’affiner les modèles et de déterminer si cet objet est une simple comète atypique ou un messager venu d’ailleurs.
