Home AffairesUn symposium annuel propulse l’UW et Seattle à l’avant-garde de la diplomatie spatiale

Un symposium annuel propulse l’UW et Seattle à l’avant-garde de la diplomatie spatiale

by Amélie Bernard

Publié le 24 septembre 2025. Seattle s’affirme comme un centre névralgique de l’industrie spatiale, et l’Université de Washington ambitionne d’en faire également un pôle majeur de la diplomatie spatiale, face aux enjeux croissants liés à l’exploration et à l’exploitation de l’espace.

  • Près de 90 % des satellites lancés dans l’espace sont conçus ou fabriqués dans la région du Grand Seattle.
  • L’État de Washington produit déjà plus de la moitié des satellites en orbite et pourrait dépasser les 75 % de la production mondiale.
  • L’Université de Washington a lancé un symposium annuel sur la diplomatie spatiale pour aborder les défis réglementaires, politiques et sécuritaires liés à l’essor de l’industrie spatiale.

Seattle est devenue un véritable géant de l’industrie spatiale. En 2024, une part impressionnante de 90 % des satellites mis en orbite ont été conçus ou construits dans la région du Grand Seattle. L’État de Washington domine déjà le marché, responsable de plus de la moitié des satellites actuellement en orbite autour de la Terre, et les prévisions indiquent une progression continue, avec une part de marché qui pourrait atteindre plus de 75 % de la production mondiale de satellites.

Face à cette concentration d’expertise technologique, Saadia Pekkanen, professeure d’études internationales à l’Université de Washington, estime qu’il est crucial de développer une dimension diplomatique pour accompagner cet essor. Elle a ainsi initié le programme annuel Symposium sur la diplomatie spatiale (SDS) en 2023.

Ce symposium, co-organisé par le programme Space Law, Data and Policy (SPACE LDP) de la faculté de droit de l’UW et le programme de recherche en stratégie, politique et diplomatie (SPDR) de la Jackson School of International Studies de l’UW, vise à placer la diplomatie au cœur des activités spatiales, qu’elles soient civiles, commerciales ou militaires.

« Je veux que le monde, et pas seulement notre nation, prête attention à ce qui se passe dans l’industrie de Seattle. Seattle est en train de devenir la principale plaque tournante des satellites et des mégaconstellations, mais nous essayons également de devenir le lieu de la politique réglementaire et de l’établissement de collaborations diplomatiques. Tout cela sert les intérêts non seulement des éducateurs, mais aussi de notre communauté. Seattle peut ouvrir la voie à ce à quoi pourrait ressembler la diplomatie spatiale. »

Saadia Pekkanen, professeure d’études internationales à l’Université de Washington et directrice fondatrice de SPACE LDP et SPDR

Selon Pekkanen, la technologie spatiale est abondante, mais c’est le dialogue et la diplomatie qui sont essentiels pour stimuler son développement. Elle souligne l’importance de positionner les capacités technologiques dans un contexte international compétitif, en veillant à ce qu’elles bénéficient à la fois à la communauté locale et aux partenaires potentiels.

L’édition 2025 du SDS accueillera Esther Brimmer, chercheure principale en gouvernance mondiale au Council on Foreign Relations, en tant que conférencière principale. Brimmer présentera ses réflexions sur le rôle de la diplomatie dans les relations spatiales internationales et sensibilisera aux enjeux cruciaux liés à l’espace. Elle a notamment dirigé le groupe de travail qui a élaboré le rapport « Sécuriser l’espace : un plan d’action pour les États-Unis », auquel Saadia Pekkanen a participé.

Le symposium réunira également des représentants du Cabinet Office du Japon, de l’US Space Force, du Space Law Council d’Australie et de Nouvelle-Zélande, ainsi que de la Harvard Medical School.

Saadia Pekkanen a identifié trois motivations principales pour la création du SDS : combler un vide, positionner l’UW et Seattle comme un centre d’expertise, et favoriser la collaboration interdisciplinaire au sein de l’université.

« La première était que personne d’autre ne le faisait. Nous sommes donc désormais les seuls au monde. L’UW dispose d’une plate-forme permanente. »

Saadia Pekkanen

Le symposium offre à l’UW et à la région de Seattle une opportunité unique d’attirer l’attention sur les défis réglementaires, politiques et diplomatiques de demain. Enfin, il permet de briser les cloisonnements entre les différents départements universitaires et de rassembler des experts de diverses disciplines.

Pekkanen insiste sur le caractère à double usage de la technologie spatiale, qui peut servir à la fois des objectifs pacifiques et militaires. Elle souligne la nécessité d’aborder ces questions de manière nuancée et d’intégrer des thématiques spécifiques dans le programme du symposium.

Jessica Beyer, professeure adjointe d’études internationales à l’UW et responsable de l’initiative de cybersécurité de la Jackson School, animera un panel sur la diplomatie spatiale militaire, axé sur la cybersécurité. James Davenport, professeur adjoint de recherche en astronomie à l’UW et directeur associé de l’Institut de recherche à forte intensité de données en astrophysique et en cosmologie (DiRAC) de l’UW, animera un panel sur les mégaconstellations. Amy Hinterberger, professeure agrégée de bioéthique et de sciences humaines à la faculté de médecine de l’UW, modérera un panel sur la diplomatie commerciale, qui abordera notamment les défis médicaux et biologiques liés à la présence humaine dans l’espace.

« C’est l’espace ! Qui n’est pas intéressé ? C’est une vision pleine d’espoir. Elle donne aux gens l’espoir que nous pouvons construire quelque chose et maintenir quelque chose de bon, non seulement pour notre communauté, mais aussi aux niveaux national et international. »

Saadia Pekkanen

Le Symposium sur la diplomatie spatiale 2025 se tiendra le 7 novembre.

Pour plus d’informations, contactez Pekkanen à [email protected].

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