Home SantéUn test de grippe que vous pouvez mâcher

Un test de grippe que vous pouvez mâcher

by Sophie Martin

La détection de la grippe pourrait bientôt devenir aussi simple que de mâcher un chewing-gum. Des chercheurs ont mis au point un capteur moléculaire capable de libérer un goût de thym en présence du virus de la grippe, ouvrant la voie à des tests rapides et accessibles à domicile.

Les méthodes de diagnostic actuelles, comme les tests PCR, sont précises mais lentes et coûteuses. Les autotests rapides, semblables à ceux utilisés pour le Covid-19, sont pratiques mais moins performants pour détecter les infections avant l’apparition des symptômes – une période cruciale pour limiter la propagation du virus. C’est cette lacune que l’équipe de Lorenz Meinel s’est efforcée de combler.

« Nous voulons passer des détecteurs et des machines complexes à un outil disponible pour quiconque, partout et à tout moment : la langue », explique Lorenz Meinel, chercheur impliqué dans le projet. Leur innovation repose sur un capteur moléculaire qui libère du thymol, un composé aromatique présent dans le thym, lorsque le virus de la grippe est détecté.

Le capteur cible la neuraminidase (le « N » dans H1N1), une glycoprotéine essentielle au cycle de vie du virus. Les chercheurs ont synthétisé un substrat de neuraminidase auquel ils ont fixé une molécule de thymol. En théorie, lorsque ce capteur est en contact avec le virus dans la bouche d’une personne infectée, la neuraminidase libère le thymol, qui est alors perçu comme un goût prononcé de plantes par la langue.

Des tests en laboratoire ont confirmé le fonctionnement du capteur. En présence de salive humaine provenant de personnes diagnostiquées avec la grippe, le capteur a libéré du thymol en 30 minutes. Les tests sur des cellules humaines et de souris n’ont révélé aucun effet indésirable.

L’équipe prévoit de lancer des essais cliniques sur des humains dans environ deux ans afin de valider la perception du goût du thymol chez les personnes infectées, qu’elles présentent ou non des symptômes. Si les résultats sont positifs, ce capteur pourrait être intégré à des chewing-gums ou des pastilles.

« Ce capteur pourrait être un outil de dépistage de première ligne rapide et accessible pour aider à protéger les personnes dans des environnements à haut risque », souligne Lorenz Meinel.

Le projet a bénéficié du financement du ministère fédéral de la recherche et de l’Éducation (désormais ministère fédéral de la recherche, de la technologie et de l’espace). Les chercheurs ont également déposé un brevet européen pour cette technologie.

You may also like

Leave a Comment

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.