Home SantéUne initiative au Mexique favorise la détection du cancer de la prostate à des stades curables

Une initiative au Mexique favorise la détection du cancer de la prostate à des stades curables

by Sophie Martin

Le cancer de la prostate, première cause de cancer chez l’homme au Mexique, est désormais mieux ciblé grâce à un programme innovant de l’Institut national de cancérologie (INCan). L’initiative, baptisée OPUS, vise à détecter la maladie à un stade précoce, augmentant considérablement les chances de guérison.

Selon le ministère de la Santé, plus de 7 800 Mexicains décèdent chaque année des suites d’un cancer de la prostate. Un chiffre alarmant, en partie dû à un diagnostic souvent tardif. Actuellement, entre 40 et 60 % des cas sont détectés à un stade avancé, alors que dans des pays comme le Royaume-Uni, ce taux descend à 80 ou 90 % de diagnostics précoces.

L’urologue oncologue Andrey Ramírez, spécialiste à l’INCan, explique que le programme OPUS réorganise le processus de dépistage et d’évaluation pour identifier la maladie avant qu’elle ne progresse. « L’objectif est de détecter les patients atteints d’un cancer de la prostate en temps opportun afin que la maladie soit curable », a-t-il précisé.

Un des principaux défis au Mexique est le manque de culture du dépistage systématique chez les hommes. « Au Mexique, il n’existe pas de culture selon laquelle les hommes sont systématiquement contrôlés », a souligné le Dr Ramírez, ajoutant que le cancer de la prostate est souvent asymptomatique à ses débuts. Il insiste sur l’importance des contrôles réguliers, car « il n’y a pas de symptôme associé spécifique ».

L’analyse de l’antigène prostatique spécifique (PSA) seul ne suffit pas, car ses taux peuvent être influencés par d’autres facteurs tels que l’inflammation ou une croissance bénigne. L’examen physique, notamment le toucher rectal, reste donc essentiel, bien qu’il soit souvent évité par les patients. « Nous avons cette culture selon laquelle les hommes éviteront le toucher rectal », a déclaré Ramírez, précisant que cette manœuvre permet de détecter des anomalies que le PSA ne révèle pas.

Depuis sa mise en œuvre, OPUS a permis d’évaluer 4 668 hommes, dont 420 ont reçu un diagnostic de cancer de la prostate. Les résultats sont encourageants : 82 % des patients ont été diagnostiqués à un stade localisé, contre seulement 18 % à un stade avancé. Ces chiffres représentent une amélioration significative par rapport à la situation antérieure au programme.

L’impact positif du modèle a déjà été publié dans une revue scientifique, suggérant qu’il pourrait réduire la mortalité de 14 % au niveau local. En outre, le programme intègre un soutien émotionnel et nutritionnel pour encourager l’adhésion des patients au traitement.

L’INCan dispose également de techniques chirurgicales avancées, telles que la chirurgie laparoscopique et robotique, qui offrent de meilleurs résultats lorsque la maladie est détectée à un stade précoce. Cependant, ces procédures ne sont appropriées que pour les tumeurs localisées. « La chirurgie robotique est destinée aux maladies localisées. Si le patient devient métastatique, il n’est plus un candidat », a précisé le Dr Ramírez.

Il recommande de commencer les examens annuels à partir de 45 ans, ou dès 40 ans en cas d’antécédents familiaux de cancer de la prostate ou de cancer du sein chez les femmes de la famille. « C’est un contrôle rapide, l’inconfort dure 10 secondes, mais ça vaut le coup », a-t-il insisté. L’INCan espère que la reproduction de programmes comme OPUS dans d’autres établissements du pays permettra d’élargir son impact et de réduire les inégalités en matière de diagnostic.

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