Publié le 4 décembre 2025 à 06h21. Le cerveau, organe fascinant et complexe, est au cœur de nouvelles recherches visant à mieux comprendre les maladies neurodégénératives et à identifier des stratégies de prévention. Le neuropsychologue Saül Martínez-Horta, auteur de l’ouvrage « Le ciel qui oublie ses étoiles », nous éclaire sur les mystères de cet organe et les moyens de préserver sa santé.
- Les maladies neurodégénératives, comme Alzheimer et Parkinson, sont de plus en plus fréquentes en raison de l’allongement de l’espérance de vie et de l’impact de certains facteurs de risque liés au mode de vie.
- Un mode de vie sain, axé sur une alimentation équilibrée, une activité physique régulière et un sommeil de qualité, peut contribuer à réduire le risque de développer ces maladies ou à en atténuer les effets.
- La « réserve cérébrale et cognitive », c’est-à-dire la capacité du cerveau à s’adapter et à compenser les dommages, peut être renforcée tout au long de la vie par des activités stimulantes et un environnement social épanouissant.
Comprendre le fonctionnement du cerveau et les mécanismes qui sous-tendent les maladies neurodégénératives est un enjeu majeur de santé publique. Saül Martínez-Horta, neuropsychologue à l’hôpital de la Santa Creu i Sant Pau de Barcelone, a publié récemment un ouvrage, « Le ciel qui oublie ses étoiles », qui vise à démystifier ces affections et à offrir un guide aux personnes concernées et à leurs proches.
« J’ai essayé d’expliquer de manière simple, mais détaillée, ce que sont les maladies neurodégénératives, leurs causes connues et inconnues, et comment elles diffèrent les unes des autres », explique le Dr Martínez-Horta. « Il est important de comprendre comment le cerveau fonctionne normalement, en termes de mémoire, d’apprentissage, de mouvement et d’émotions, afin de mieux appréhender les conséquences de ces maladies. » L’auteur aborde également les pistes de prévention et de gestion de ces affections, soulignant l’importance d’une approche globale.
La prévention des maladies neurodégénératives passe notamment par la prise en compte des facteurs de risque cardiovasculaires. « Nous avons des preuves solides que le contrôle des facteurs de risque cardiovasculaire peut éviter de nombreux cas », affirme le neuropsychologue. « Même si la maladie est présente, une bonne santé cardiovasculaire peut retarder son apparition ou en atténuer les symptômes. » Adopter un mode de vie sain, incluant une alimentation équilibrée, une activité physique régulière et le contrôle du cholestérol et de l’hypertension, est donc essentiel.
L’augmentation de la prévalence des maladies neurodégénératives est liée à l’allongement de l’espérance de vie et aux progrès de la médecine. « En tant que société, nous avons considérablement amélioré notre façon de vivre et de survivre », souligne le Dr Martínez-Horta. « Cependant, le cerveau n’a pas évolué pour faire face à toutes les conséquences de ce progrès, notamment les effets du vieillissement. »
L’alimentation et le sommeil jouent également un rôle crucial dans la santé du cerveau. « Nous avons des preuves solides qu’il n’existe aucune dose d’alcool bénéfique pour la santé », met en garde le neuropsychologue. « Pendant le sommeil, le cerveau élimine les déchets toxiques qui s’accumulent et qui peuvent favoriser le développement de maladies dégénératives. Un sommeil de qualité est donc essentiel pour maintenir un cerveau sain. »
Certaines mauvaises habitudes, comme la consommation excessive d’alcool ou un régime alimentaire déséquilibré, peuvent provoquer une inflammation chronique du cerveau, ce qui peut endommager les neurones. « Tout ce qui favorise l’inflammation est nocif pour le cerveau », explique le Dr Martínez-Horta.
La « réserve cérébrale et cognitive » est un concept clé pour comprendre la résilience du cerveau face aux maladies neurodégénératives. « C’est la capacité du cerveau à faire face aux dommages et à trouver des mécanismes pour continuer à fonctionner de manière optimale », précise le neuropsychologue. « Cette réserve peut être renforcée tout au long de la vie par des activités stimulantes, un environnement social épanouissant et une participation active à la vie sociale. »
Les protéines anormales qui s’accumulent dans le cerveau jouent un rôle central dans le développement des maladies neurodégénératives. « Ces protéines sont présentes dans le cerveau de toutes les personnes atteintes de ces maladies », explique le Dr Martínez-Horta. « Elles ont acquis une structure anormale qui les rend toxiques et qui provoque la mort des neurones. »
Enfin, l’environnement social et familial joue un rôle essentiel dans la prévention et la gestion des maladies neurodégénératives. « Un environnement stimulant, socialement actif et favorable à l’apprentissage et à la résolution de problèmes peut aider à renforcer la réserve cérébrale et cognitive et à améliorer la qualité de vie des personnes atteintes de ces maladies », conclut le Dr Martínez-Horta.
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