Publié le 24 octobre 2024. Une nouvelle étude révèle que la ménopause précoce, combinée à une fonction cardiaque affaiblie, pourrait accélérer le déclin de la santé cérébrale chez les femmes, augmentant potentiellement le risque de démence et de maladie d’Alzheimer.
- Les femmes sont plus susceptibles que les hommes de développer des maladies cardiovasculaires et la maladie d’Alzheimer.
- Une fonction cardiaque réduite peut compromettre l’apport d’oxygène et de nutriments au cerveau, endommageant les tissus cérébraux.
- L’étude, menée sur plus de 500 participantes, suggère un effet cumulatif négatif de la ménopause précoce et d’une fonction cardiaque diminuée sur le volume de matière grise et les performances cognitives.
Les maladies cardiovasculaires représentent un facteur de risque majeur de maladie d’Alzheimer, et ce risque semble particulièrement prononcé chez les femmes. Des recherches récentes se penchent sur le rôle de l’âge de la ménopause dans cette relation complexe entre le cœur et le cerveau. Une fonction cardiaque affaiblie peut en effet limiter l’irrigation sanguine cérébrale, privant le cerveau de l’oxygène et des nutriments essentiels à son bon fonctionnement. Cette réduction du flux sanguin peut entraîner des lésions tissulaires, des accidents vasculaires cérébraux silencieux et, à terme, augmenter le risque de démence.
L’étude, dont les résultats seront présentés lors de la réunion annuelle 2025 de la Menopause Society à Orlando du 21 au 25 octobre, a cherché à déterminer si un âge de ménopause plus précoce pouvait amplifier l’impact d’une fonction cardiaque réduite sur la santé cérébrale. Les chercheurs ont analysé des données provenant de plus de 500 participantes, en évaluant la fonction cardiaque à l’aide de la fraction d’éjection ventriculaire gauche au repos mesurée par imagerie par résonance magnétique (IRM) cardiaque. L’IRM cérébrale a permis de quantifier le volume de matière grise et la charge d’hyperintensité de la substance blanche, tandis que les capacités cognitives ont été évaluées à l’aide de tests neuropsychologiques standardisés.
Les résultats, ajustés en fonction de divers facteurs tels que l’âge, l’origine ethnique, le niveau d’éducation, l’hormonothérapie, la cause de la ménopause (spontanée ou chirurgicale), la graisse viscérale, la pression artérielle systolique, l’index cardiaque et le volume intracrânien, ont révélé qu’une ménopause précoce et une fonction cardiaque diminuée pouvaient avoir un effet délétère cumulatif sur la santé du cerveau. Les détails complets de cette recherche seront présentés dans le cadre de la communication intitulée « L’influence combinée de la ménopause précoce et de la fonction cardiaque sur la santé cérébrale ».
« Nous ne comprenons pas encore pleinement comment la ménopause, et en particulier une ménopause précoce, affecte le vieillissement cérébral. En examinant l’intersection de la santé cardiaque et cérébrale, nous avons cherché à éclairer ce domaine de recherche important mais souvent négligé. »
Tallinn Splinter, Université de Toronto et Sunnybrook Research Institute
« Ces résultats soulignent l’importance d’intégrer des facteurs spécifiques au sexe, tels que l’âge à la ménopause, dans la recherche sur le risque de démence et d’informer les stratégies ciblées de prévention et d’intervention », a déclaré la Dre Stéphanie Faubion, directrice médicale de la Menopause Society.
