Publié le 24 octobre 2024 16:43:00. Le tabagisme et un taux de cholestérol élevé apparaissent comme les principaux facteurs de risque d’attaques cardiaques survenant chez les patients relativement jeunes, selon une étude récente menée par l’Agence de Recherche de la Société Espagnole de Cardiologie (SEC). Ces découvertes soulignent l’importance d’une prévention ciblée, en particulier chez les hommes de moins de 55 ans et les femmes de moins de 65 ans.
- Le tabagisme est significativement plus fréquent chez les patients victimes d’une crise cardiaque précoce (60 %) que chez ceux dont l’incident survient plus tard dans la vie (29 %).
- Les patients jeunes ayant subi une crise cardiaque présentent plus souvent un taux de cholestérol élevé (13,6 %) que les patients plus âgés (7,8 %).
- L’étude révèle un profil de risque différent pour les crises cardiaques précoces, avec une prévalence plus faible de l’hypertension et du diabète.
Une analyse approfondie de l’étude GENAMI-Prévention, menée dans 20 hôpitaux espagnols et impliquant plus de 500 patients souffrant d’un infarctus aigu du myocarde et d’une maladie coronarienne obstructive, a permis de mettre en évidence ces tendances. Les résultats, présentés lors du congrès SEC25 sur la santé cardiovasculaire, indiquent que les patients atteints d’une cardiopathie ischémique précoce présentent des caractéristiques cliniques distinctes de ceux dont l’apparition de la maladie est plus tardive.
Selon le cardiologue Héctor Bueno, de l’hôpital universitaire 12 de Octubre de Madrid et signataire de l’étude, les patients plus jeunes ont tendance à avoir moins d’hypertension (47,4 % contre 66,6 %) et de diabète (18,4 % contre 34,8 %). Cependant, ils présentent une plus grande prévalence de tabagisme actif et d’hypercholestérolémie, ainsi que des antécédents familiaux de maladie coronarienne.
« Les patients atteints d’une cardiopathie ischémique précoce présentaient des différences cliniques significatives par rapport à ceux dont l’apparition était plus tardive. Ils avaient une prévalence plus faible d’hypertension et de diabète, mais une prévalence plus élevée de tabagisme actif et d’hypercholestérolémie, ainsi que des antécédents familiaux de maladie coronarienne. »
Héctor Bueno, cardiologue à l’hôpital universitaire 12 de Octubre de Madrid
En termes de prise en charge, les patients plus jeunes ont plus souvent bénéficié de procédures cardiaques invasives, telles que l’angiographie coronarienne, et ont reçu plus fréquemment des médicaments puissants pour prévenir la formation de caillots sanguins. L’utilisation d’aspirine, de statines et de médicaments contre l’insuffisance cardiaque est restée similaire dans les deux groupes.
L’étude GENAMI-Prévention avait initialement pour objectif d’explorer les facteurs spécifiques au sexe chez les femmes souffrant d’un infarctus aigu du myocarde, d’analyser les éventuelles disparités dans les soins et d’évaluer l’impact de ces facteurs sur l’observance des mesures de prévention secondaire pendant un an après la crise cardiaque. Les résultats confirment l’importance de prendre en compte les facteurs de risque spécifiques aux femmes, souvent négligés dans les dossiers médicaux traditionnels.
« Cette étude renforce l’idée selon laquelle les facteurs de risque spécifiques aux femmes, qui ne sont généralement pas inclus dans l’histoire clinique cardiologique, sont très répandus, tout comme d’autres facteurs liés au sexe, qui ont une influence sur l’évolution de la maladie, la qualité des soins et les résultats. »
Héctor Bueno, cardiologue à l’hôpital universitaire 12 de Octubre de Madrid
Le Dr Bueno souligne que ces résultats mettent en évidence la nécessité d’identifier et de gérer les facteurs de risque spécifiques chez les jeunes patients souffrant d’une crise cardiaque, en particulier le tabagisme et le cholestérol, afin d’améliorer leur pronostic et leur qualité de vie.
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