Publié le 3 novembre 2025. Des scientifiques ont découvert des traces d’activité microbienne datant d’il y a quatre millions d’années dans un cratère d’astéroïde en Finlande, suggérant que la vie peut se rétablir rapidement même après des catastrophes majeures.
- Un impact d’astéroïde, généralement destructeur pour la vie, pourrait en réalité créer des conditions propices à son émergence.
- Des minéraux analysés dans le lac Lappajärvi, formé par un astéroïde il y a 78 millions d’années, témoignent de cette activité microbienne précoce.
- Cette découverte offre un aperçu des origines de la vie sur Terre et pourrait éclairer la possibilité de vie sur d’autres planètes.
La Finlande, célèbre pour ses paysages lacustres, abrite un site exceptionnel : le lac Lappajärvi. Ce plan d’eau s’est formé il y a environ 78 millions d’années suite à l’impact d’un astéroïde d’un diamètre estimé à 23 kilomètres. Ce cratère, loin d’être un désert stérile, s’est révélé être un témoin précieux des débuts de la vie.
En 2024, l’UNESCO a reconnu l’importance de cette région en la désignant comme géoparc, afin de protéger son patrimoine géologique et sa biodiversité. C’est dans ce contexte que Jacob Gustafsson, géoscientifique à l’Université Linnaeus en Suède, et son équipe ont entrepris d’étudier les roches prélevées au fond du lac Lappajärvi. Leur objectif : comprendre la rapidité avec laquelle la vie microbienne peut se reconstituer après un événement cataclysmique qui a chauffé les roches environnantes jusqu’à 2 000°C.
L’analyse s’est concentrée sur des carottes de roche datant des années 1980 et 1990, conservées aux archives nationales du Service géologique de Finlande à Loppi. Parmi des dizaines d’échantillons, 33 sections de roche présentant des fissures et des cavités remplies de cristaux de calcite et de pyrite ont été sélectionnées. Ces cristaux se sont formés suite à la circulation de fluides riches en minéraux après l’impact.
Les chercheurs ont minutieusement examiné ces cristaux, déterminant leur âge grâce à des méthodes de datation utilisant l’uranium et le plomb, et analysant les rapports isotopiques du carbone, de l’oxygène et du soufre par spectrométrie de masse des ions secondaires. Ces rapports isotopiques sont des indicateurs d’une ancienne activité microbienne, car les micro-organismes ont tendance à absorber préférentiellement certains types d’isotopes.
« Nous observons les résultats de processus microbiens survenus il y a des millions d’années. »
Henrik Drake, géochimiste et membre de l’équipe de recherche
Les résultats de l’analyse isotopique ont également permis d’estimer la température des anciennes eaux souterraines et de cartographier le refroidissement progressif du site d’impact au fil du temps.
« C’est incroyable la quantité d’informations que nous pouvons obtenir à partir de très petits cristaux. »
Jacob Gustafsson, géoscientifique à l’Université Linnaeus
Selon Henrik Drake, cette recherche est comparable à l’étude des origines de la vie sur Terre. Il souligne que le site d’impact offre une variété de températures, de chimies et de fissures rocheuses, créant des environnements potentiellement idéaux pour les micro-organismes. Il ajoute que ce type d’environnement pourrait également être un lieu d’émergence de la vie sur d’autres planètes.
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