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Valeria et Flaminia, 10 ans de vie avec le cœur artificiel dans le “sac à dos”

by Sophie Martin

Publié le 19 décembre 2025 à 17h41. Deux patientes bergamasques, Valeria Pedretti et Flaminia Rossi, sont parmi les plus anciennes au monde à vivre avec un cœur artificiel, une prouesse médicale rendue possible par les avancées technologiques et l’expertise du centre de transplantation cardiaque de l’hôpital Papa Giovanni XXIII.

  • Valeria et Flaminia ont reçu un Dispositif d’assistance ventriculaire (DAV) en 2015, une alternative à la transplantation cardiaque pour les patients inéligibles en raison de leur âge ou d’autres conditions médicales.
  • Le DAV, souvent comparé à un « sac à dos de sauvetage », permet aux patientes de mener une vie active et de conserver une bonne qualité de vie.
  • Les progrès technologiques continuent de viser à améliorer la biocompatibilité et à éliminer le câble reliant l’appareil au contrôleur.

À Bergame, Valeria Pedretti et Flaminia Rossi incarnent un espoir pour les patients souffrant d’insuffisance cardiaque terminale. Ces deux femmes, qui ont reçu un Dispositif d’assistance ventriculaire (DAV) il y a plus de dix ans, sont aujourd’hui reconnues comme les patientes ayant vécu le plus longtemps avec un cœur artificiel, et probablement parmi les plus âgées au monde.

En 2015, toutes deux étaient considérées comme inéligibles à une transplantation cardiaque en raison de leur âge. Le DAV, une pompe implantée dans la poitrine qui soutient le ventricule gauche, s’est présenté comme la seule option viable. Ce dispositif compense la faiblesse du cœur naturel, permettant aux patientes de maintenir une vie presque normale.

Le fonctionnement du DAV est relativement simple : une pompe interne, contrôlée par un petit ordinateur et alimentée par des batteries portables, assure la circulation sanguine. Ce système, décrit par les médecins comme un « sac à dos de sauvetage », permet aux patientes de poursuivre leurs activités quotidiennes et même de voyager, tout en bénéficiant d’une bonne qualité de vie.

Le professeur Amédée Terzi, responsable du Centre de transplantation cardiaque de l’hôpital Papa Giovanni XXIII, souligne que l’histoire de Valeria et Flaminia démontre que le DAV ne se limite pas à une solution temporaire en attendant une greffe. Il peut s’agir d’une alternative définitive pour les patients qui ne peuvent pas être inscrits sur la liste d’attente.

Le professeur Michele Senni, directeur du département cardiovasculaire de l’Asst Papa Giovanni XXIII, met en avant les progrès constants dans le domaine des dispositifs mécaniques. Les DAV actuels sont plus compacts et plus performants, mais la recherche se concentre toujours sur l’amélioration de la biocompatibilité et l’élimination du câble reliant l’appareil au contrôleur.

Le cardiologue Attilio Iacovoni explique que le remplacement des deux ventricules reste un défi complexe, et que la transplantation cardiaque demeure indispensable pour certains patients. Cependant, Valeria et Flaminia ont réussi à éviter les complications les plus courantes associées aux DAV, telles que les accidents vasculaires cérébraux et les dysfonctionnements, grâce à un suivi médical rigoureux.

Alexandre Amorosi, directeur médical de l’Asst Papa Giovanni XXIII, insiste sur l’importance d’une approche personnalisée pour chaque patient, afin d’optimiser leur qualité de vie. L’association d’une technologie de pointe et d’une prise en charge humaine et attentive permet d’obtenir des résultats de plus en plus encourageants.

Chaque année, l’hôpital Papa Giovanni XXIII implante entre 10 et 12 DAV chez des patients souffrant d’insuffisance cardiaque terminale. Francesco Locati, directeur général de l’Asst, souligne l’excellence du service cardiovasculaire de l’hôpital, capable de répondre à un large éventail de besoins cardiaques, de la naissance à la vieillesse.

L’histoire de Valeria et Flaminia est un témoignage de la capacité de la médecine à offrir une nouvelle opportunité de vie. Comme le souligne Marcella Messina, conseillère aux politiques sociales et à la santé :

« Le « sac à dos » de Valeria et Flaminia est un symbole de santé publique qui accompagne et restaure l’avenir. C’est la force de la vie qui vainc même la nuit la plus sombre. »

Mgr Giulio Dellavite, porte-parole du diocèse de Bergame, a comparé la force de ces deux femmes au chemin d’espérance du pèlerin, symbole du Jubilé. Il a déclaré :

« Les histoires de Valeria et Flaminia nous donnent un ‘sac à dos d’espoir’, nous apprenant que l’espoir n’est pas seulement de l’optimisme, mais la force d’affronter les difficultés quotidiennes, comme elles et le personnel soignant nous l’enseignent. »

L’histoire de Valeria et Flaminia est un exemple de résilience et de la manière dont la médecine peut offrir une nouvelle chance de vivre pleinement, malgré les obstacles.

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