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Cartes de crédit : les prêts sont réactivés, comment passent les filtres bancaires ? | VOTRE ARGENT

by Amélie Bernard

Publié le 26 octobre 2024. Après un ralentissement amorcé en 2023, le crédit à la consommation au Pérou montre des signes de reprise, porté par une amélioration de la conjoncture économique et une baisse du risque de défaut de paiement.

  • Le financement par carte de crédit a enregistré une croissance de 6,4 % en octobre, son plus haut niveau depuis 19 mois.
  • Les banques et sociétés financières ont assoupli leurs politiques de crédit, encouragées par une diminution du coût du risque.
  • La reprise est plus marquée pour les prêts personnels et les crédits sur salaire que pour les crédits à la carte.

Après une période de contraction débutée en mai 2024, le marché du crédit à la consommation au Pérou affiche des signes encourageants. Les institutions financières, initialement prudentes face à un contexte économique incertain et à une augmentation des impayés, semblent reprendre confiance. Cette évolution est soutenue par une reprise de l’activité économique et une amélioration de l’emploi formel.

Selon les données de la Banque centrale de réserve (BCR), le financement par carte de crédit a progressé de 6,4 % en octobre, marquant sa plus forte croissance depuis 19 mois. Ce rebond intervient après une période de ralentissement qui avait débuté en 2023, exacerbée par les crises successives – pandémie, tensions politiques et sociales, aléas climatiques – et leurs conséquences sur le pouvoir d’achat des ménages.

Face à un risque accru de défaut de paiement, les banques et les sociétés financières avaient durci leurs politiques de crédit et d’admission des clients, limitant l’accès au crédit et ciblant les profils les moins susceptibles de rencontrer des difficultés de remboursement. Les consommateurs, de leur côté, avaient tendance à modérer leurs dépenses pour éviter les incidents de paiement.

En conséquence, la croissance du crédit à la consommation était passée de 10,4 % en 2023 à une contraction de 5 % un an plus tard. Cependant, la situation semble s’inverser.

L’amélioration du contexte économique a permis une diminution du coût du risque dans tous les segments de la banque de détail. Les prêts à faible risque ont ainsi augmenté leur part dans les portefeuilles de crédit. Alejandro Pérez Reyes, directeur financier de Credicorp, a souligné cette tendance lors d’une récente présentation aux investisseurs.

« Le coût du risque a diminué dans tous les segments de la banque de détail, grâce à l’amélioration des comportements de paiement. Les prêts à faible risque ont augmenté leur participation dans le portefeuille de crédit, soutenus par un contexte économique renforcé. »

Alejandro Pérez Reyes, directeur financier de Credicorp

La BCR confirme cette tendance, notant que la reprise est plus marquée pour les produits de crédit personnel librement disponibles et les crédits accordés sur la base d’un accord de remise sur salaire (produits considérés comme moins risqués) que pour les crédits à la carte, qui restent plus prudemment gérés.

Carlos Tori, PDG d’Interbank, a exprimé son optimisme quant à l’avenir du crédit à la consommation. Il a notamment évoqué l’impact à court terme du retrait des fonds des fonds de pension (AFP), mais a anticipé une accélération de la croissance en 2026.

« Au troisième trimestre, nous avons accéléré la croissance des cartes de crédit et du financement à la consommation. Même si l’impact (du retrait des fonds de l’AFP) est perçu à court terme, en 2026 nous espérons continuer à accélérer. De notre point de vue, le système croît généralement entre 2 et 2,5 fois le PIB. »

Carlos Tori, PDG d’Interbank

M. Tori a également indiqué qu’Interbank ambitionne de gagner des parts de marché, en misant sur une légère augmentation de son appétit pour le risque, justifiée par la bonne performance de son portefeuille et les perspectives macroéconomiques favorables au Pérou.

Enfin, la marge nette d’intérêt des banques devrait bénéficier de l’augmentation des prêts sur cartes de crédit et aux PME, même si le coût des fonds (taux d’intérêt sur les dépôts) restera un facteur à prendre en compte.

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