Home SantéVitamine B12 : Un acteur clé dans la reprogrammation cellulaire et la régénération tissulaire

Vitamine B12 : Un acteur clé dans la reprogrammation cellulaire et la régénération tissulaire

by Sophie Martin

La vitamine B12, essentielle au bon fonctionnement du système nerveux et à la production de globules rouges, joue un rôle insoupçonné dans la réparation des tissus, selon une nouvelle étude. Des chercheurs de l’IRB Barcelone ont découvert que cette vitamine est cruciale pour un processus de régénération cellulaire et pourraient ouvrir de nouvelles voies thérapeutiques, notamment dans le traitement de la colite ulcéreuse.

L’équipe du Dr Manuel Serrano a observé que la reprogrammation cellulaire – un processus imitant les premières phases de réparation tissulaire – chez la souris nécessite d’importantes quantités de vitamine B12. Une carence en cette vitamine ralentit et perturbe ce processus de reprogrammation. De manière surprenante, une simple supplémentation en vitamine B12 s’est avérée capable d’améliorer significativement l’efficacité de cette reprogrammation.

Ces résultats ont été validés dans un modèle de colite ulcéreuse, une maladie inflammatoire chronique de l’intestin. Les cellules intestinales en phase de réparation présentent un processus similaire à la reprogrammation cellulaire et bénéficient également d’un apport supplémentaire en vitamine B12, suggérant un potentiel thérapeutique pour les patients atteints de maladies intestinales.

« Notre recherche révèle le rôle essentiel de la vitamine B12 dans la reprogrammation cellulaire et la réparation des tissus. Ces résultats sont prometteurs pour la médecine régénérative, avec le potentiel de bénéficier aux patients grâce à une meilleure nutrition », explique le Dr Manuel Serrano.

L’étude a permis de comprendre que la vitamine B12 est un facteur limitant pour une branche spécifique du métabolisme impliquée dans une réaction appelée méthylation. L’ADN des cellules en cours de reprogrammation ou de réparation tissulaire exige des niveaux élevés de méthylation, et donc de vitamine B12. Un manque de vitamine B12 perturbe ce processus, entraînant des modifications épigénétiques et des erreurs dans le fonctionnement de certains gènes.

« La supplémentation en vitamine B12 a corrigé ce déséquilibre, améliorant ainsi la fidélité des fonctions génétiques et l’efficacité globale de la reprogrammation », confirme la Dr Marta Kovatcheva, première auteure de l’étude et chercheuse postdoctorale au sein du même laboratoire. La Dr Kovatcheva ouvrira un nouveau laboratoire en 2024 à l’Istituto Fondazione di Oncologia Molecolare ETS (IFOM) à Milan, en Italie, pour poursuivre ses recherches sur les cellules partiellement reprogrammées in vivo.

Par ailleurs, une étude distincte menée par le même groupe a établi un lien entre des taux sanguins plus élevés de vitamine B12 et une diminution des marqueurs inflammatoires (IL-6 et CRP), tant chez l’homme que chez la souris âgée. Ces observations suggèrent que la vitamine B12 pourrait exercer une action anti-inflammatoire en réduisant ces marqueurs dans l’organisme.

Ce projet de recherche a été mené en collaboration avec des équipes du Dr Guido Kroemer (Institut Gustave Roussy, France), du Dr Oscar Yanes (Universitat Rovira i Virgili, Espagne), ainsi que des centres de bioinformatique et d’histopathologie de l’IRB Barcelone et de l’Université de Barcelone.

Le Dr Manuel Serrano travaille actuellement à Altos Labs, à Cambridge, au Royaume-Uni.

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