Publié le 2025-11-10 14:00:00. Contrairement aux recommandations de longue date, une nouvelle étude suggère que la consommation quotidienne d’une tasse de café pourrait en réalité réduire le risque de récidive de la fibrillation auriculaire, le trouble du rythme cardiaque le plus courant.
- Une étude australienne a révélé que les patients atteints de fibrillation auriculaire qui buvaient au moins une tasse de café par jour avaient un taux de récidive inférieur de 17 % à ceux qui en évitaient.
- Les chercheurs avancent plusieurs hypothèses, notamment le blocage des récepteurs de l’adénosine par la caféine et les propriétés anti-inflammatoires du café.
- Il est important de noter que ces résultats concernent le café ordinaire et non les boissons énergisantes ou les pilules de caféine à forte dose.
Pendant des années, les cardiologues ont conseillé à leurs patients souffrant de troubles du rythme cardiaque de limiter, voire d’éviter, la consommation de café. La caféine était perçue comme un facteur aggravant, susceptible d’accélérer le rythme cardiaque et d’intensifier les symptômes de la fibrillation auriculaire. Cette condition, qui touche environ 400 000 personnes aux Pays-Bas et dont on estime que 80 000 autres sont atteintes sans le savoir, se caractérise par un battement irrégulier et rapide des oreillettes, pouvant entraîner fatigue, vertiges et un risque accru d’accident vasculaire cérébral.
Mais une récente étude, baptisée étude DÉCAF, remet en question cette vision établie. Menée par des chercheurs australiens, elle a suivi 200 patients ayant subi une cardioversion – une intervention visant à rétablir un rythme cardiaque normal grâce à un choc électrique. Les participants ont été répartis en deux groupes : la moitié a continué à boire au moins une tasse de café par jour, tandis que l’autre a complètement supprimé le café et les autres sources de caféine de son alimentation.
Les résultats, publiés dans une revue médicale, sont surprenants. Six mois après la cardioversion, 47 % des buveurs de café avaient à nouveau présenté une fibrillation auriculaire, contre 64 % dans le groupe abstinent. Ces données suggèrent donc que la consommation modérée de café pourrait avoir un effet protecteur contre la récidive.
Comment expliquer ce phénomène ? Les scientifiques avancent plusieurs pistes. Le café contient des centaines de composés, dont la caféine est le plus connu. Cette dernière agirait en bloquant les récepteurs de l’adénosine, une substance qui peut contribuer à l’apparition de la fibrillation auriculaire en perturbant le rythme cardiaque. De plus, le café possède des propriétés anti-inflammatoires, l’inflammation étant un facteur de risque reconnu pour ce trouble cardiaque. La caféine a également un léger effet diurétique, favorisant l’élimination de l’eau et pouvant ainsi aider à réguler la tension artérielle et à réduire le risque d’arythmies.
Enfin, des recherches antérieures ont montré que les buveurs de café ont tendance à être plus actifs physiquement, marchant en moyenne 1 000 pas de plus par jour que les non-buveurs. L’exercice physique est un facteur de protection bien établi contre la fibrillation auriculaire.
Les chercheurs insistent toutefois sur le fait que ces résultats ne doivent pas être généralisés hâtivement. L’étude porte sur la caféine naturelle présente dans le café ordinaire, consommée en quantités modérées (environ une tasse par jour). Elle ne s’applique donc pas aux boissons énergisantes ou aux compléments alimentaires contenant de fortes doses de caféine synthétique. L’étude présentait également certaines limites, notamment la taille relativement restreinte de l’échantillon et le manque d’aveugle (les patients et les médecins savaient qui recevait du café et qui n’en recevait pas), ce qui pourrait avoir influencé les résultats. De plus, la participation à l’étude était volontaire, ce qui a pu biaiser l’échantillon.
Il est également important de souligner que l’étude a été menée sur des patients ayant déjà subi une cardioversion. Il reste à déterminer si le café peut également être bénéfique dans la prévention ou le traitement d’autres types de troubles du rythme cardiaque.
