Un audacieux cambriolage a frappé le musée du Louvre ce dimanche matin : des bijoux inestimables, autrefois propriété de Napoléon et de ses impératrices, ont été dérobés en moins de sept minutes. Le musée, qui accueille 8,7 millions de visiteurs chaque année, a été fermé pour permettre aux enquêteurs de déterminer comment les voleurs ont pu mener à bien ce qui pourrait être le plus retentissant vol d’art de l’histoire récente de la France.
L’opération, qualifiée de « majeure et très organisée » par le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez, a été menée par une équipe préparée. Selon les premières investigations, les voleurs ont utilisé une disqueuse pour fracturer les vitrines de la galerie Apollo, où étaient exposés les joyaux de la couronne impériale. Nuñez a précisé à la radio française que les malfaiteurs ont accédé aux bijoux en utilisant une nacelle de chantier.
« Les images de surveillance montrent les voleurs entrant calmement et brisant les vitrines », a déclaré la ministre de la Culture Rachida Dati à TF1. Elle a souligné qu’il n’y avait eu aucune violence durant le cambriolage, le qualifiant de « très professionnel ». Une couronne ayant appartenu à l’impératrice Eugénie a été retrouvée abandonnée et endommagée à l’extérieur du musée.
Les enquêteurs se concentrent notamment sur une échelle située contre le bâtiment, surplombant la Seine, et sur un ascenseur mécanisé qui y était adossé. Il reste à déterminer si cette échelle était liée aux travaux de construction en cours ou si elle a été placée intentionnellement par les voleurs.
Un témoin, Ryan el Mandari, a raconté à CNN avoir entendu des « bruits de pas » sur les fenêtres peu avant que le personnel du musée ne donne l’alerte et ne procède à l’évacuation des visiteurs. « J’essayais de comprendre ce qui se passait quand j’ai vu le personnel du musée se diriger vers ce bruit. Ensuite, ils ont fait demi-tour, très rapidement, et ils ont commencé à courir et à dire ‘sortez, sortez, sortez, sortez, évacuez !’ », a-t-il témoigné.
Après le vol, les malfaiteurs se seraient enfuis à bord de scooters Yamaha TMax, puissants modèles de 560 cm3, en direction d’une autoroute proche. Les forces de l’ordre examinent actuellement leur itinéraire de fuite dans l’espoir de les retrouver.
Ce cambriolage intervient dans un contexte de tensions sociales au sein du Louvre. Le personnel, confronté à une affluence touristique croissante, avait déjà exprimé ses inquiétudes quant à la sécurité et au manque de moyens. En 2023, le musée avait limité le nombre de visiteurs à 30 000 par jour, soit un tiers de sa capacité maximale.
Les objets dérobés sont des pièces historiques d’une valeur inestimable, faisant partie des joyaux de la couronne française, dont la plupart ont été dispersés après la Révolution. La collection comprend des bijoux ayant appartenu à Napoléon, à son neveu Napoléon III, ainsi qu’à leurs épouses, les impératrices Marie-Louise et Eugénie. Alexandre Giquello, président de la maison de ventes Drouot, estime que la seule couronne de l’impératrice Eugénie « vaut plusieurs dizaines de millions d’euros ». Il a ajouté que ces bijoux sont « totalement invendables ».
Le Louvre a déjà été la cible de plusieurs vols célèbres. En 1911, la « Joconde » avait été dérobée par un ancien employé, Vincenzo Perugia, qui souhaitait la restituer à l’Italie. Plus récemment, en 1983, deux armures italiennes du XVIe siècle avaient été volées, puis retrouvées en 2021 lors d’une vente aux enchères à Bordeaux. En 1976, une épée sertie de diamants avait également disparu, et l’affaire reste non résolue.
L’enquête, ouverte pour « vol en bande organisée et association de malfaiteurs en vue de commettre un crime » par le parquet de Paris, est en cours.
