Publié le 9 novembre 2023 14:35:00. Contrairement à ce que l’on pourrait penser, la vitamine D ne se consomme pas, elle se produit. Un chirurgien bariatrique indien révèle que notre corps est capable de la fabriquer, mais que nos habitudes de vie peuvent entraver ce processus essentiel.
- La vitamine D est en réalité une hormone stéroïde produite par la peau sous l’action des rayons UVB.
- L’utilisation excessive de crème solaire, le manque d’exposition au soleil et une alimentation inadéquate peuvent entraîner une carence.
- Un apport quotidien de 1 000 à 2 000 UI (Unités Internationales) est recommandé, mais l’exposition naturelle au soleil reste la meilleure solution.
Beaucoup d’entre nous prennent des compléments alimentaires ou consomment du lait enrichi en vitamine D, pensant ainsi combler leurs besoins. Pourtant, le Dr Anshuman Kaushal, chirurgien bariatrique à l’hôpital Apollo de Delhi, explique que cette approche est erronée. Dans une récente publication sur Instagram qui a suscité l’intérêt de nombreux internautes soucieux de leur santé, il a précisé que la vitamine D n’est pas une vitamine à proprement parler, mais plutôt une « hormone stéroïde déguisée ».
Le Dr Kaushal compare ce nutriment essentiel au « panneau solaire interne » du corps. Il estime que près de la moitié de la population souffre d’une carence, souvent sans le savoir, en raison de modes de vie qui bloquent sa production naturelle.
« On ne mange pas la vitamine D, on la fabrique »
Dans une vidéo explicative, le Dr Kaushal a détaillé les mécanismes scientifiques qui sous-tendent cette hormone mal comprise. « Votre peau utilise la lumière ultraviolette B pour transformer un composé appelé 7-déhydrocholestérol en prévitamine D3 », a-t-il expliqué. Cette dernière est ensuite transportée vers le foie, où elle devient du 25-hydroxy-D, avant d’être convertie en calcitriol par les reins. Le calcitriol est l’hormone active qui régule de nombreux systèmes corporels.
Cependant, le Dr Kaushal souligne que nous avons souvent tendance à « bloquer notre propre usine » en utilisant des crèmes solaires avec un indice de protection (FPS) supérieur à 30, en restant confinés à l’intérieur ou en nous couvrant excessivement. Ces habitudes empêchent les rayons UVB d’atteindre la peau, perturbant ainsi les fonctions naturelles de l’organisme. La production de vitamine D pourrait ainsi être réduite de moitié.
Les conséquences insidieuses d’une « carence en soleil »
Un faible taux de vitamine D perturbe, selon le Dr Kaushal, « toute l’économie du calcium » dans le corps, affectant les os, les muscles, les nerfs et même le système immunitaire. « Sans elle, le calcium agit comme une femme de ménage sans surveillance », a-t-il illustré, expliquant que la fatigue persistante, les crampes musculaires, la perte de cheveux et les troubles de l’humeur pourraient être des signes d’une carence.
Il met en garde contre la tendance à attribuer la fatigue au stress ou au rythme de vie effréné, alors que la cause pourrait être simplement un manque d’exposition au soleil.
Dosage approprié et éviter l’engouement médiatique
S’appuyant sur les recommandations pratiques de l’Endocrine Society pour 2024, le Dr Kaushal conseille aux adultes de viser un apport quotidien de 1 000 à 2 000 UI de vitamine D. Pour les personnes présentant des taux inférieurs à 20 ng/ml, les médecins recommandent généralement une dose de 60 000 UI par semaine pendant six semaines.
Il prévient toutefois de ne pas « en faire une gourmandise ». Un excès de vitamine D peut entraîner une hypercalcémie, des nausées et des calculs rénaux, car il s’agit d’une vitamine liposoluble stockée dans l’organisme. Qualifiant les gommes à la vitamine D à « effet instantané » de « sucre et de marketing », le Dr Kaushal insiste sur le fait que rien ne remplace l’exposition naturelle au soleil. « Vous tirerez plus de bénéfices en vous exposant au soleil qu’en prenant des compléments », affirme-t-il.
La lumière du soleil : le remède le plus simple
Le Dr Kaushal recommande de s’exposer au soleil pendant 10 à 15 minutes chaque matin, avec les bras et les jambes découverts, et d’intégrer à son alimentation des œufs, du poisson et du lait enrichi. Il souligne cependant une règle d’or : « Testez avant de traiter. La médecine est une science, pas une superstition ».
Alors que la carence en vitamine D est de plus en plus associée à la fatigue, à une immunité affaiblie et à une fragilité osseuse, le message du Dr Kaushal nous rappelle que la « vitamine du soleil » ne se résume pas à la prise de compléments alimentaires, mais qu’il s’agit avant tout de renouer avec le soleil lui-même.