Les marchés boursiers nord-américains ont chuté le vendredi 30 octobre 2026, l’indice Nasdaq et la Bourse de Toronto enregistrant leur pire séance depuis le mois de juin en raison des craintes croissantes des investisseurs face aux dépenses colossales consacrées à l’intelligence artificielle et aux résultats décevants d’Amazon et d’Intel.
Le 30 octobre, les actions ont terminé en forte baisse, entraînées par le décrochage des valeurs technologiques. L’indice Nasdaq Composite a chuté de 2,86 % pour s’établir à 25 437,00 points, tandis que le S&P 500 a reculé de 1,82 % à 7 580,07 points et que le Dow Jones Industrial Average a perdu 1,09 %, s’affichant à 51 770,31 points, selon les chiffres rapportés par la presse économique selon les données du marché.
Au nord de la frontière, l’indice composé S&P/TSX de la Bourse de Toronto a cédé 1,74 %. Pour le Nasdaq comme pour la place torontoise, il s’agit de la plus forte baisse en pourcentage sur une seule séance depuis le 5 juin dernier. L’indice technologique américain accuse désormais un recul de 7,8 % par rapport à son sommet historique atteint le 6 octobre.
Amazon et Intel ravivent l’angoisse de la rentabilité
La tempête boursière a été déclenchée par la publication, tard dans la soirée de jeudi, des résultats trimestriels de géants industriels. Intel a vu son action s’effondrer de 28,6 %, essuyant la plus forte baisse journalière de son histoire en plus de quatre décennies.

Le fabricant de puces a lourdement déçu en prévoyant un chiffre d’affaires bien en deçà des attentes de Wall Street, pénalisé par le ralentissement de la demande en ordinateurs personnels et des difficultés d’approvisionnement dans ses composants pour centres de données.
Amazon, de son côté, a vu ses titres sous pression après avoir affiché un chiffre d’affaires et un bénéfice inférieurs aux prévisions pour le troisième trimestre. Le géant du commerce en ligne et du cloud a enregistré un flux de trésorerie disponible négatif de 42,4 milliards de dollars tout en maintenant ses prévisions de dépenses d’investissement à 220 milliards de dollars pour 2026. Alphabet had ouvert le bal des déceptions plus tôt dans la semaine, plongeant de 1,2 % jeudi après avoir publié des résultats montrant un flux de trésorerie disponible négatif de 9 milliards de dollars, ce qui a contraint la maison mère de Google à puiser massivement dans sa trésorerie pour financer ses infrastructures d’intelligence artificielle.
Keith Buchanan, de Globalt, a déclaré : « L’an dernier, c’était l’espoir. Cette année, c’est : en fin de compte, comment tout cela fonctionne-t-il concrètement, par exemple comment le financer et qui en récolte les fruits économiques ? Ces questions sont bien plus difficiles à résoudre. »
La contagion gagne les semi-conducteurs
L’indice sectoriel de Philadelphia a chuté de 7,2 %, franchissant sa moyenne mobile à 200 jours pour la première fois depuis juin 2025.
Les rivaux d’Intel ont également souffert : Advanced Micro Devices a chuté de 10,9 %, Nvidia a reculé de 4,2 %, et Broadcom a perdu 5,48 %. Les fabricants de PC Dell et HP ont quant à eux décroqué respectivement de 10,8 % et de 9,6 %.
Les investisseurs se tournent vers les valeurs refuges
Les géants de la grande distribution et de la santé comme Walmart et Coca-Cola ont progressé de plus de 1 %, amortissant la chute du Dow Jones. Les valeurs énergétiques ont également profité de cours du pétrole soutenus par les tensions géopolitaires : ExxonMobil et Chevron ont gagné respectivement 2,2 % et 2,8 % grâce à des résultats trimestriels supérieurs aux attentes, sur fond d’un indice Vix au plus haut depuis avril 2026.

Oliver Pursche, de Wealthspire Advisors, a affirmé : « On peut dire sans se tromper que cette semaine, et pas seulement aujourd’hui, a tourné en grande partie autour de l’avenir de l’IA et de ce à quoi il va ressembler, à savoir s’il y aura un retour sur investissement positif et, le cas échéant, à quelle vitesse. »
Les analystes soulignent que le marché exige désormais des comptes précis sur la rentabilité à court terme des sommes pharaoniques investies dans les infrastructures numériques.