WhatsApp se blinde de nouvelles fonctionnalités de sécurité et prépare un bouleversement majeur : la fin du numéro de téléphone comme identifiant principal. Ces changements, qui s’étendront progressivement aux 2 milliards d’utilisateurs européens, visent à contrer les critiques sur la protection des données et à s’adapter aux nouvelles réglementations européennes.
L’application de messagerie déploie un arsenal de mesures pour renforcer la confidentialité de ses utilisateurs. Un « mode de verrouillage » en phase de test offre une protection accrue aux personnes particulièrement exposées, comme les journalistes, les militants ou les personnalités publiques. Une fois activé, ce mode isole radicalement l’utilisateur : les médias et pièces jointes provenant de numéros inconnus sont bloqués, les aperçus de liens désactivés, et les appels d’inconnus sont automatiquement coupés. L’authentification à deux facteurs est activée, et la photo de profil ainsi que le statut de « dernière connexion » sont masqués aux contacts non enregistrés.
Parallèlement, WhatsApp teste un système de filtrage des messages entrants inspiré d’Instagram. Les messages provenant d’expéditeurs inconnus seront triés dans un dossier « Demandes », permettant aux utilisateurs de les consulter, de les supprimer ou de bloquer sans que l’expéditeur ne soit informé de leur lecture. Cette fonctionnalité vise à réduire le spam et à faciliter la gestion des contacts indésirables.
Mais le changement le plus significatif est l’introduction progressive des noms d’utilisateur, prévue pour 2026. D’ici là, les utilisateurs pourront utiliser WhatsApp sans révéler leur numéro de téléphone, une rupture fondamentale avec le système actuel. Les entreprises ont jusqu’en juin 2026 pour adapter leurs systèmes à ce nouvel identifiant unique, le « Business-Scoped User ID » (BSUID), qui remplacera le numéro de téléphone dans les communications avec les clients.
Cette transformation s’inscrit dans un contexte réglementaire européen particulier. La loi sur les marchés numériques oblige WhatsApp à ouvrir sa plateforme à des services de messagerie concurrents. La phase bêta de cette interopérabilité a débuté cette semaine, mais pour l’instant, seuls les utilisateurs de BirdyChat, un messager de niche, peuvent communiquer avec les utilisateurs de WhatsApp. Les conversations avec d’autres plateformes se déroulent dans une boîte de réception séparée et ne prennent en charge que les fonctions de base (texte, photos, vidéos, messages vocaux). Le chiffrement de bout en bout devrait toutefois être maintenu au-delà des frontières des plateformes, bien que sa mise en œuvre technique reste un défi.
WhatsApp ne prévoit pas d’étendre cette ouverture à l’échelle mondiale, craignant une perte d’utilisateurs.
Enfin, les utilisateurs d’Apple pourront se réjouir : l’application Apple Watch tant attendue sera disponible le 4 novembre 2025. Elle permettra de lire et de répondre aux messages directement depuis leur montre connectée, une fonctionnalité longtemps demandée par les utilisateurs d’iPhone.
Cette série de mises à jour témoigne de la volonté de WhatsApp de renforcer sa position face à la concurrence, notamment Signal, qui est souvent salué pour son engagement en matière de protection des données. L’avenir dira si ces nouvelles fonctionnalités parviendront à changer l’image de WhatsApp et à rassurer les utilisateurs soucieux de leur vie privée.
Pour aller plus loin
