Publié le 24 décembre 2025 18h36. Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a présenté un nouveau plan de paix incluant une proposition de démilitarisation de certaines zones de la région de Donetsk, en échange d’un retrait équivalent des forces russes, ouvrant une nouvelle voie, bien que fragile, vers des négociations de fin de conflit.
- Volodymyr Zelensky a proposé de transformer certaines zones de Donetsk contrôlées par Kiev en zone démilitarisée.
- Cette proposition est conditionnée au retrait de forces russes sur une superficie équivalente.
- Un plan de reconstruction de l’Ukraine, estimé à 800 milliards de dollars (environ 735 milliards d’euros), est également au cœur des discussions.
Dans une démarche visant à relancer les pourparlers de paix, le président Zelensky a dévoilé un plan de paix révisé en 20 points, élaboré en étroite collaboration avec les États-Unis. Ce plan, présenté mardi à Kiev, aborde des questions cruciales allant des arrangements territoriaux potentiels aux garanties de sécurité nécessaires pour prévenir une future agression russe, en passant par la reconstruction du pays dévasté par la guerre.
L’offre de démilitarisation de zones de Donetsk, bien que représentant un compromis significatif de la part de Kiev, est assortie d’une condition essentielle : la Russie doit retirer ses troupes d’une zone de territoire de taille comparable. Jusqu’à présent, le Kremlin n’a montré aucun signe d’ouverture à une solution autre qu’un contrôle total de la région.
Selon Zelensky, ce nouveau projet de plan de paix reflète largement la position commune ukrainienne et américaine. Cependant, des désaccords subsistent sur deux points sensibles : le statut de la région de Donetsk et le contrôle de la centrale nucléaire de Zaporijjia, actuellement occupée par les forces russes. L’Ukraine a proposé une cogestion de la centrale avec les États-Unis comme solution de compromis.
Le président Zelensky a souligné que les États-Unis présenteraient cette proposition à la Russie et qu’une réponse était attendue d’ici mercredi soir. Il a exprimé un optimisme prudent, estimant que Moscou hésiterait à rejeter ouvertement cette initiative de peur de s’aliéner le soutien du président américain Donald Trump.
« Ils ne peuvent pas dire au président Trump : ‘Écoutez, nous sommes contre un règlement pacifique’. Autrement dit, s’ils tentent de tout bloquer, le président Trump devra alors nous armer lourdement, tout en imposant toutes les sanctions possibles à leur encontre. »
Volodymyr Zelensky, président ukrainien
Le plan de reconstruction de l’Ukraine, un pilier central de cette proposition de paix, prévoit la création d’un fonds d’investissement destiné à financer les efforts de reconstruction. Les entreprises américaines seraient encouragées à investir dans le pays, notamment dans le secteur énergétique. Zelensky estime que les États-Unis pourraient contribuer à hauteur de 100 milliards de dollars (environ 92 milliards d’euros) et l’Europe d’un montant similaire, pour un objectif total de 800 milliards de dollars (environ 735 milliards d’euros).
Outre les questions territoriales et économiques, le plan de paix aborde également les garanties de sécurité souhaitées par l’Ukraine. Il prévoit le maintien d’une armée ukrainienne en temps de paix de 800 000 soldats, financée par des partenaires occidentaux, l’adhésion à l’ Union européenne, un soutien militaire européen et des garanties de sécurité bilatérales de la part des États-Unis.
Le Kremlin a indiqué que le président Vladimir Poutine avait été informé des dernières négociations. “Nous avons pour objectif de formuler notre position future et de reprendre nos contacts prochainement”, a déclaré mercredi le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov.
Zelensky a également évoqué la possibilité d’établir des “zones économiques libres” dans les zones démilitarisées potentielles, y compris autour de la centrale nucléaire de Zaporijjia. Il a proposé une coentreprise entre l’Ukraine et les États-Unis pour la gestion de la centrale, une offre que Moscou est peu susceptible d’accepter.
Cet article a été initialement publié dans le New York Times.
