La Corée du Sud a entamé une nouvelle ère en matière de politique environnementale avec la création du ministère du Climat, de l’Énergie et de l’Environnement, le 1er octobre dernier. Cette initiative gouvernementale vise à positionner le pays comme un leader mondial dans la lutte contre le changement climatique et la transition vers une économie verte.
L’année écoulée a été marquée par des défis pour la crédibilité internationale de la Corée, notamment en raison de la situation politique intérieure de décembre dernier et des incertitudes économiques qui en ont découlé. Parallèlement, des incidents de cybersécurité et des problèmes liés aux infrastructures gouvernementales ont mis en lumière la nécessité d’une réflexion approfondie sur la direction et le rythme de l’innovation technologique, en particulier dans le domaine de l’intelligence artificielle. Des préoccupations ont également été soulevées concernant l’équilibre entre les droits des travailleurs et les intérêts de la direction, avec l’adoption de nouvelles lois sur les syndicats et les accidents du travail.
Cependant, 2023 a également été une année de progrès. Le KOSPI, l’indice boursier coréen, a atteint un sommet historique de 4 000 points au cours du second semestre. De plus, les tensions commerciales, héritées de l’administration Trump, semblent s’apaiser, avec l’estimation qu’une “guerre tarifaire” a été évitée.
Le nouveau ministère, dirigé par le ministre Kim Seong-hwan, se veut un acteur central de la “Transformation Verte Coréenne” (K-GX). Sa structure organisationnelle comprend deux vice-ministres, quatre bureaux, quatre divisions, 14 services et 63 départements, conçus pour intégrer de manière cohérente les politiques climatiques, énergétiques et environnementales. Les priorités incluent la réduction des émissions de gaz à effet de serre, le développement des énergies renouvelables, l’amélioration de la qualité de l’environnement et la gestion des catastrophes climatiques.
Le ministère s’articulera autour de plusieurs axes stratégiques, notamment la restauration des écosystèmes fluviaux, la réduction de la pollution atmosphérique, la promotion de l’économie circulaire et la sécurité des produits chimiques. Il s’attachera également à accélérer le développement des énergies renouvelables, à construire des “autoroutes énergétiques” et à soutenir les industries neutres en carbone, telles que les véhicules électriques, les batteries et les systèmes de stockage d’énergie.
« En tant que ministère dirigeant la transformation verte en réponse à la crise climatique qui menace la survie humaine, le ministère du Climat, de l’Énergie et de l’Environnement jouera un rôle central en aidant la Corée à devenir un pays leader dans la décarbonation de la civilisation verte », a déclaré le ministre Kim Seong-hwan. « Nous élargirons les énergies renouvelables au-delà du cadre dichotomique de réglementation et de promotion et construirons des autoroutes énergétiques à un stade précoce pour soutenir activement l’industrie verte neutre en carbone afin qu’elle s’impose comme un nouveau moteur de croissance. » Il a également souligné l’importance de garantir la sécurité publique et les droits environnementaux fondamentaux.
Le ministre Kim a insisté sur le fait que les cinq prochaines années représentent une “période d’or” pour agir en faveur de la survie de l’humanité et d’un avenir durable. Il a annoncé la mise en place d’une feuille de route claire pour la décarbonation, en s’appuyant sur des mécanismes de marché et l’innovation privée. Le ministère s’engage à transformer le système énergétique en privilégiant les énergies renouvelables, telles que l’énergie solaire et éolienne, et à mettre en place un “filet de sécurité climatique” pour protéger la population contre les événements climatiques extrêmes.
À l’avenir, le ministère du Climat, de l’Énergie et de l’Environnement ambitionne de promouvoir une approche globale des enjeux liés à la qualité de vie, en intégrant la neutralité carbone, le développement des énergies renouvelables, l’efficacité énergétique, la préservation de l’air et de l’eau propres, ainsi que la protection des écosystèmes.
