Publié le 31 octobre 2025 à 12h09. Au Venezuela, l’organisation Vente Venezuela dénonce une vague d’arrestations politiques en octobre, tandis que le gouvernement continue de nier toute détention motivée par des convictions politiques. La disparition d’un journaliste local ajoute à l’inquiétude concernant la liberté de la presse dans le pays.
- Au moins 44 personnes ont été arrêtées pour des raisons politiques au Venezuela en octobre, dont 36 sont toujours détenues.
- Parmi les détenus, 22 sont des militants de Vente Venezuela, 8 appartiennent à d’autres partis politiques et 6 sont des membres de la société civile.
- Le journaliste Joan Camargo est porté disparu depuis jeudi matin, suscitant des inquiétudes quant à son sort.
L’organisation Vente Venezuela (VV) a dénoncé une intensification de la répression politique au Venezuela, signalant l’arrestation d’au moins 44 personnes au cours du mois d’octobre. Selon Orlando Moreno, coordinateur national du Comité des droits de l’homme de VV, sept de ces personnes ont été libérées, mais 36 restent en détention. Moreno a précisé que parmi les détenus, 22 sont des militants de VV, 8 proviennent d’autres partis politiques et 6 sont des membres de la société civile.
La situation est d’autant plus préoccupante qu’elle s’ajoute à la disparition du journaliste Joan Camargo, porté disparu depuis jeudi matin. Le Syndicat national des travailleurs de la presse (SNTP) du Venezuela a déclaré que Camargo avait été intercepté à Caracas par « plusieurs individus non identifiés et vêtus de noir ». Sa dernière connexion sur WhatsApp remonte à 8h12, selon le syndicat.
L’arrestation, le dimanche dernier, de Reinaldo Emilio Gutiérrez et de son fils Reinaldo Andrés Gutiérrez, chargés depuis plus de 20 ans de l’entretien de la maison de Corina Parisca, mère de l’opposante María Corina Machado, a également été signalée.
Orlando Moreno a fermement exigé la libération de tous les détenus, les qualifiant de prisonniers politiques et d’otages du régime de Nicolás Maduro. Il a dénoncé une « répression brutale » visant à étouffer l’opposition.
L’ONG Foro Penal estime, quant à elle, le nombre de prisonniers politiques au Venezuela à 875, selon un rapport publié mardi, avec une date d’audience fixée au 27 octobre.
Cependant, le gouvernement vénézuélien et le parquet général continuent de nier l’existence de prisonniers politiques dans le pays, affirmant que les personnes arrêtées ont commis des crimes. Ces affirmations sont rejetées par de nombreuses ONG et partis politiques d’opposition.
Par ailleurs, Amnesty International (AI) a dénoncé la détention, pendant plusieurs heures, de Manuel Finol, directeur de l’organisation au Venezuela, à l’aéroport international Simón Bolívar de Maiquetía alors qu’il s’apprêtait à prendre un vol à l’étranger. Amnesty International a indiqué que Finol avait été libéré et que l’organisation attendait la restitution rapide de ses documents et le respect de sa liberté de circulation.
Si l’arrestation de Joan Camargo est confirmée, le nombre de journalistes et de professionnels des médias emprisonnés au Venezuela s’élèverait à 23, selon les informations fournies par le SNTP à l’agence EFE.
