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AAP 2025: Dermatite atopique dans la pratique du bureau

by Sophie Martin

Publié le 27 septembre 2025 à 18h57. La dermatite atopique, affection cutanée chronique très répandue chez l’enfant, nécessite une prise en charge globale et personnalisée, selon les recommandations présentées lors du congrès de l’American Academy of Pediatrics (AAP). Les pédiatres disposent désormais de clés pratiques pour mieux gérer cette pathologie et améliorer la qualité de vie des jeunes patients.

  • Les démangeaisons, même sans lésions apparentes, sont un signe d’activité de la maladie et ne doivent pas être négligées.
  • L’utilisation appropriée des corticostéroïdes topiques est sûre et efficace, contrairement aux idées reçues.
  • Une communication claire et pédagogique avec les familles est essentielle pour favoriser l’adhésion au traitement.

La dermatite atopique (DA) est une maladie inflammatoire chronique de la peau qui touche de nombreux enfants. Elle se manifeste par des démangeaisons intenses et des éruptions cutanées. Sa complexité réside dans sa nature multifactorielle, impliquant des prédispositions génétiques, une altération de la barrière cutanée, des perturbations du microbiome cutané et l’influence de facteurs environnementaux. Le rôle du Staphylococcus aureus, fréquemment présent sur la peau des patients atteints de DA, a été particulièrement souligné. Sa prolifération, même en l’absence de signes d’infection évidents, peut aggraver l’inflammation et rendre le contrôle de la maladie plus difficile. L’utilisation d’antibiotiques, qu’ils soient locaux ou systémiques, doit donc être réservée aux cas présentant des signes cliniques clairs d’infection, tels que des croûtes, des érosions ou du pus.

Lors du congrès de l’American Academy of Pediatrics (AAP 2025), le Dr Miriam Weinstein a présenté une approche pragmatique et actualisée de la prise en charge de la dermatite atopique. Elle a insisté sur l’importance de reconnaître que les démangeaisons constituent un symptôme majeur, même en l’absence de lésions visibles. Trop souvent, ces démangeaisons sont minimisées ou non traitées, ce qui peut entraîner des conséquences importantes telles que des troubles du sommeil, des infections cutanées récurrentes, un isolement social et une détérioration de la qualité de vie. Des études ont démontré que l’impact de la dermatite atopique modérée sur la vie des enfants peut être comparable à celui de la paralysie cérébrale ou supérieur à celui du diabète de type 1.

Le traitement topique à base de corticostéroïdes reste un pilier de la prise en charge, grâce à son efficacité prouvée et à son profil de sécurité favorable lorsqu’il est utilisé correctement. Le Dr Weinstein a présenté des données rassurantes indiquant que l’utilisation appropriée de ces médicaments ne conduit pas à une atrophie cutanée chez les enfants, dissipant ainsi les craintes souvent exprimées par les parents et les professionnels de santé. Des alternatives non stéroïdiennes ont également été abordées, chacune ayant des indications spécifiques en fonction de l’âge du patient, de la gravité de la maladie et de la zone cutanée touchée.

L’orientation vers des thérapies systémiques doit être envisagée dans trois situations principales : lorsque le traitement topique optimisé s’avère inefficace, lorsque le patient nécessite une utilisation continue de médicaments pour maintenir le contrôle de la maladie, ou lorsque des obstacles sociaux, éducatifs ou émotionnels entravent la mise en œuvre du plan de traitement. Enfin, le Dr Weinstein a souligné l’importance d’une communication efficace avec les familles, en utilisant des supports écrits, des démonstrations visuelles, des techniques d’entretien motivationnel et un langage simplifié. Ces approches contribuent à améliorer l’adhésion au traitement et, par conséquent, les résultats cliniques.

La dermatite atopique exige une approche continue et personnalisée. Le pédiatre joue un rôle crucial dans le diagnostic précoce et la mise en place d’un plan thérapeutique adapté. Le contrôle de la maladie ne repose pas uniquement sur les médicaments, mais également sur l’éducation des patients et de leurs familles, l’empathie et un suivi régulier.

Il est essentiel de ne pas attendre que la maladie atteigne un stade avancé pour initier un traitement. Il est préférable de commencer dès les premiers signes et de poursuivre le traitement jusqu’à la résolution complète des symptômes. Le maintien du contrôle peut nécessiter des ajustements, mais il est important d’éviter les fluctuations qui peuvent nuire à la qualité de vie de l’enfant et de sa famille.

  • Ne pas sous-estimer les démangeaisons : elles témoignent d’une activité inflammatoire, même sans lésions visibles.
  • Informer les familles : expliquer que l’objectif est le contrôle de la maladie, et non sa guérison, et que le traitement doit être continu.
  • Utiliser les corticostéroïdes en toute confiance : lorsqu’ils sont prescrits et appliqués correctement, ils sont sûrs et efficaces.
  • Envisager les alternatives non stéroïdiennes : en particulier sur les zones de peau fine ou chez les patients réticents à l’utilisation de corticostéroïdes.
  • Renforcer le plan de traitement par des démonstrations visuelles et des instructions écrites : cela favorise l’adhésion et améliore les résultats.
  • Évaluer l’impact sur la qualité de vie : surveiller le sommeil, l’estime de soi, la socialisation et les activités.
  • Envisager une orientation vers un dermatologue/allergologue ou le recours à des thérapies systémiques en cas d’échec des traitements de première intention.

Découvrez les points clés du congrès de l’American Academy of Pediatrics

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