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Réseau public de santé | Du personnel d’agence encore présent malgré l’interdiction

by Sophie Martin

L’utilisation du personnel d’agences de placement dans les hôpitaux et les centres d’hébergement et de soins de longue durée (CHSLD) de plusieurs régions du Québec, dont Montréal et la Montérégie, est officiellement interdite depuis le 1er avril. Malgré cette interdiction, certains établissements de santé ont continué de recourir à cette main-d’œuvre et réclament un nouveau délai.

Le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) avait accordé une dérogation jusqu’au 30 septembre à quatre CIUSSS montréalais et au CISSS de la Montérégie-Ouest. Cependant, plusieurs établissements ont signalé des besoins persistants au-delà de cette date, selon le MSSS, sans que le ministère ne précise lesquels.

« Une analyse est en cours et aucune demande de prolongation de la dérogation au-delà du 30 septembre n’a été accordée actuellement », a déclaré Marie-Claude Lacasse, coordonnatrice aux relations avec les médias du MSSS.

Au CIUSSS du Nord-de-l’Île-de-Montréal, une demande de dérogation exceptionnelle est actuellement examinée, mais uniquement pour le titre d’emploi d’inhalothérapeute. L’établissement a comblé huit quarts de travail, soit l’équivalent de huit postes à temps complet, avec des inhalothérapeutes provenant d’agences mardi dernier. Le CIUSSS ne fait plus appel à des agences pour les autres professions.

En Montérégie, le CISSS de la Montérégie-Ouest a également continué d’utiliser du personnel d’agences malgré l’expiration de la dérogation. Mercredi, 11 quarts de travail sur 1 231 ont été assurés par des infirmières d’agences, ce qui représente 0,89 % de l’ensemble des quarts. Lundi et mardi, ce chiffre était respectivement de 12 et 13 quarts.

« Nous nous tournons vers la main-d’œuvre indépendante uniquement pour éviter une interruption de service ou l’épuisement des équipes en place », a précisé le CISSS par courriel. L’établissement explique qu’il met en place des « plans de contingence » avant de recourir aux agences, sollicitant d’abord le personnel en place pour effectuer des heures supplémentaires volontaires. La plupart des quarts vacants sont généralement comblés en interne.

Le CISSS assure que le recours aux agences n’a pas entraîné une augmentation significative des heures supplémentaires. Le taux d’heures supplémentaires pour les infirmières se situe actuellement à 8,33 %, contre 8,41 % à la même période l’an dernier.

Le CISSS de la Montérégie-Ouest n’utilise plus les agences pour combler des quarts de préposés aux bénéficiaires ou d’infirmières auxiliaires.

Selon Santé Québec, ces dérogations sont « exceptionnelles » et ne sont accordées que lorsque les plans de contingence des établissements ont été déployés à leur capacité maximale ou lorsque l’absence de main-d’œuvre indépendante pourrait compromettre la qualité et la sécurité des soins, ou même la sécurité des usagers et des employés. « Elles sont effectuées quand les plans de contingence des établissements ont été déployés à leur capacité maximale ou lorsque l’absence de MOI pourrait mettre en péril la qualité et la sécurité des soins et services ou même la sécurité des usagers ou encore des employés », a déclaré Jean-Nicolas Aubé, porte-parole de Santé Québec.

Dès le 19 octobre, les établissements de santé du Saguenay-Lac-Saint-Jean, de la Mauricie et du Centre-du-Québec, de l’Estrie et de Lanaudière ne pourront plus faire appel à des préposés aux bénéficiaires, des infirmières auxiliaires et des infirmières d’agences. Santé Québec affirme que le sevrage de la main-d’œuvre indépendante progresse bien dans ces régions. En un an, le nombre d’équivalents temps complet comblés par des employés d’agences est passé de 875,1 à 163,3, soit une réduction de 81,3 %.

À l’échelle provinciale, le recours à la main-d’œuvre indépendante a considérablement diminué depuis l’an dernier. Le nombre moyen d’heures effectuées par la main-d’œuvre indépendante est passé de 820 000 l’an dernier à un peu plus de 365 000 cette année, générant des économies de 697,5 millions de dollars depuis avril 2024.

Au 30 juin, près de 5 500 employés d’agences avaient rejoint les rangs du réseau public de santé et de services sociaux.

Voici un aperçu de l’utilisation actuelle de la main-d’œuvre d’agences dans les régions concernées par la prochaine phase de l’interdiction :

  • Saguenay-Lac-Saint-Jean : 20 équivalents temps complet
  • Mauricie-Centre-du-Québec : 44 équivalents temps complet (au 1er septembre)
  • Estrie : 0
  • Lanaudière : 10,4 équivalents temps complet
  • Laurentides : 69,5 équivalents temps complet

La dernière phase, concernant les régions éloignées, est prévue pour le 18 octobre 2026 et inclut le Bas-Saint-Laurent, l’Outaouais, l’Abitibi-Témiscamingue, la Côte-Nord, le Nord-du-Québec, la Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine et le Nunavik.

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